{"id":1344,"date":"2007-08-17T12:07:00","date_gmt":"2007-08-17T10:07:00","guid":{"rendered":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/?p=1344"},"modified":"2007-08-17T12:07:00","modified_gmt":"2007-08-17T10:07:00","slug":"1344","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/2007\/08\/17\/1344\/","title":{"rendered":""},"content":{"rendered":"<p><span>Un mage am\u00e9ricain<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bp1.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV4cBXmIKI\/AAAAAAAAABM\/4Ivy53JxFeU\/s1600-h\/butterfly1965.gif\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/bp1.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV4cBXmIKI\/AAAAAAAAABM\/4Ivy53JxFeU\/s400\/butterfly1965.gif\" border=\"0\" alt=\"\"><\/a><\/p>\n<p>Cin\u00e9aste exp\u00e9rimental, musicologue, peintre, anthropologue, Kabbaliste, linguiste, traducteur et ami de <span>Charlie Parker<\/span>, <span>Dizzie Gillespie<\/span>, <span>Thelonious Monk<\/span>, <span>Jimmy Page<\/span>, <span>Jean-Luc Godard<\/span>, <span>Gregory Corso<\/span> et <span>Allen Ginsberg<\/span> : <span>Harry Smith<\/span> \u00e9tait tout cela. Mais il \u00e9tait aussi bien plus qu\u2019un excentrique pour amateur d\u2019art d\u2019avant-garde. Celui que <span>Kenneth Anger<\/span> avait qualifi\u00e9 de plus grand magicien vivant s\u2019int\u00e9ressait \u00e0 tout et sa contribution \u00e0 l\u2019histoire parall\u00e8le du vingti\u00e8me Si\u00e8cle est essentielle.<\/p>\n<p><span>Anthology of American Folk Music<\/span><\/p>\n<p>\u00ab <span>Mon r\u00eave est devenu r\u00e9alit\u00e9 : l\u2019Am\u00e9rique a chang\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la musique <\/span>\u00bb. Ainsi s\u2019exprimait <span>Harry Smith<\/span>, quelques jours avant sa mort, lors de la remise d\u2019un Grammy pour son <span>Anthology of American Folk Music<\/span>. Cette compilation d\u2019enregistrements rares de musique folklorique am\u00e9ricaine a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue par <span>Smith <\/span>comme une invocation rituelle occulte destin\u00e9e \u00e0 engendrer des changements sociaux. La gen\u00e8se du projet remonte \u00e0 1947 lorsque <span>Smith <\/span>proposa au patron de Folkways Record, <span>Moses Asch<\/span>, de lui racheter la collection de 78 tours qu\u2019il avait amass\u00e9e depuis des ann\u00e9es. <span>Asch <\/span>accepta et proposa \u00e9galement \u00e0 <span>Smith <\/span>de compiler des 33 tours avec ce mat\u00e9riel. Il faudra plusieurs ann\u00e9es pour que le projet voie le jour et sorte en 1952. Compos\u00e9 de 84 morceaux dont le spectre s\u2019\u00e9tend de 1927, date \u00e0 laquelle les techniques d\u2019enregistrements permettent une reproduction fid\u00e8le de la musique, \u00e0 1932, \u00e9poque o\u00f9 la crise a fait chuter les ventes de folk, <span>American Folk Music<\/span> reste, encore aujourd\u2019hui, un document historique d\u2019une grande valeur. Sans cette \u0153uvre, se souviendrait-on aussi bien de  <span>Bascom Lamar Lunsford, Jilson Setters, Uncle Eck Dunford, Clarence Ashley, Dock Boggs, Grayson and Whittier, Bukka White, Robert Johnson, Roosvelt Graves, Julius Daniels, Rev. D. C. Rice, Lonnie McIntorsh<\/span> ou de <span>Tommy McClennan<\/span> ? M\u00e9lange de country, de blues, d\u2019airs cajuns, les chansons racontent des histoires de meurtres, de trahisons, mais aussi d\u2019amour et de personnages dont on ne sait s\u2019ils sont r\u00e9els ou fantasm\u00e9s par la conscience populaire. La mythologie am\u00e9ricaine y est d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9e, d\u2019une mani\u00e8re fruste et d\u00e9sordonn\u00e9e, mais avec une imm\u00e9diatet\u00e9 et un talent qui persistent \u00e0 donner des frissons. Le choix des morceaux de cette anthologie d\u00e9montre \u00e0 lui seul le g\u00e9nie de <span>Smith<\/span>, mais il n\u2019est qu\u2019une des facettes du travail effectu\u00e9 sur cette \u0153uvre.<br \/>Les quatre disques qui composent la compilation ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9coup\u00e9s ainsi pour \u00e9voquer les quatre \u00e9l\u00e9ments, la terre, le vent, l\u2019air et le feu (tiens, tiens, comme un autre monument musical du vingti\u00e8me Si\u00e8cle, le <span>Smile<\/span> de <span>Brian Wilson<\/span>, mais ceci est une autre histoire). <span>Smith <\/span>a travaill\u00e9 l\u2019agencement et l\u2019ordre des morceaux d\u2019une fa\u00e7on cabalistique et s\u2019est \u00e9galement occup\u00e9 de la pochette et du packaging de l\u2019ensemble. <br \/>\u00ab <span>In a sense, it did rock\u2019n roll<\/span> \u00bb, expliquait <span>Harry Smith<\/span> \u00e0 propos de son anthologie.<br \/>Et quelle que soit la mani\u00e8re dont on consid\u00e8re <span>American Folk Music<\/span>, sous l\u2019angle de la musique seule ou sous celui de la magie, on ne peut douter de son impact sur la culture du si\u00e8cle pass\u00e9. Sans cette compilation, il n\u2019y aurait sans doute pas eut de revival folk dans les ann\u00e9es 1950 et 1960. Pas de <span>Joan Baez<\/span> et surtout, pas de <span>Dylan<\/span>. Et en son absence, qui peut dire quelle direction aurait pris la musique pop am\u00e9ricaine ?<\/p>\n<p>Voici pour le monument, la partie immerg\u00e9e de l\u2019iceberg <span>Smith<\/span>. Mais derri\u00e8re l\u2019anthologiste de g\u00e9nie se cache un homme aux int\u00e9r\u00eats divers qui collectionnait aussi bien les tissus Seminoles, les codex mayas, les \u0153ufs de paquet ukrainiens que les avions en papier  . Il pr\u00e9tendait \u00eatre le plus grand sp\u00e9cialiste au monde des jeux de ficelles, \u00e0 propos desquels il a \u00e9crit un essai de plusieurs centaines de pages, et ma\u00eetrisait plusieurs langues dont le langage des signes des Indiens Kiowa et le langage Kwakiutl. Autant dire que le bonhomme en savait plus que vous ne pourrez en apprendre en une vie. <br \/>La biographie de cette l\u00e9gende est difficile \u00e0 \u00e9tablir pr\u00e9cis\u00e9ment. Les zones d\u2019ombres et les rumeurs s\u2019ajoutent \u00e0 la destruction des \u0153uvres et des documents de l\u2019artiste par lui-m\u00eame, pour brouiller les cartes et fa\u00e7onner un peu plus les contours d\u2019un homme en passe de devenir un mythe.<\/p>\n<p>Hasard et cons\u00e9quences.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bp2.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV5LRXmIOI\/AAAAAAAAABs\/3GZj6VyoPL0\/s1600-h\/harryallen.gif\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/bp2.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV5LRXmIOI\/AAAAAAAAABs\/3GZj6VyoPL0\/s400\/harryallen.gif\" border=\"0\" alt=\"\"><\/a><\/p>\n<p>L\u2019histoire d\u00e9bute le 29 mai 1923 lorsqu\u2019Harry na\u00eet \u00e0 Portland, dans l\u2019Oregon. Ses parents d\u00e9m\u00e9nagent et il grandit pr\u00e8s de Seattle, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une r\u00e9serve d\u2019indiens Lummi, o\u00f9 sa m\u00e8re travaille comme institutrice. Son p\u00e8re et elle appartiennent \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 th\u00e9osophique et leur int\u00e9r\u00eat pour l\u2019occulte \u00e9veille sans doute la curiosit\u00e9 du petit Harry. Lui qui pr\u00e9tendra plus tard \u00eatre le fils d\u2019<span>Aleister Crowley<\/span>, profite de sa proximit\u00e9 avec les Lummi pour commencer, d\u00e8s l\u2019adolescence, son travail sur la culture am\u00e9ricaine. Il prend en photo les danses de ses voisins et enregistre leurs chansons. \u00c0 partir de 15 ans, il chevauche son v\u00e9lo pour s\u2019aventurer plus loin, \u00e0 la rencontre d\u2019autres tribus qui l\u2019accueillent plut\u00f4t bien, sauf lorsque les hommes sont ivres ou qu\u2019ils le prennent pour un espion allemand. De cette p\u00e9riode, il ne reste qu\u2019un enregistrement, un ac\u00e9tate conserv\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Washington. Bien plus tard, en 1973, sortirait un disque regroupant les chansons du Peyotl des Indiens Kiowa enregistr\u00e9es par ses soins.<br \/><span>Smith <\/span>continuera d\u2019amasser les photos et les enregistrements d\u2019Am\u00e9rindiens tout en collectionnant les 78 tours de folk et en s\u2019int\u00e9ressant de plus en plus au jazz. D\u2019ailleurs, il peindra des tableaux qui repr\u00e9sentent des transcriptions note \u00e0 note de certains th\u00e8mes de jazz, avant de passer beaucoup de temps, dans les ann\u00e9es 50 en compagnie de <span>Monk<\/span>, <span>Parker <\/span>ou <span>Gillespie<\/span>. De ses grands tableaux des ann\u00e9es 40, il ne reste rien, \u00e0 part quelques photos. <span>Smith <\/span>a tout d\u00e9truit.<br \/>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 40, apr\u00e8s deux ann\u00e9es d\u2019anthropologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Washington, <span>Smith <\/span>s\u2019installe \u00e0 Berkeley et se met \u00e0 faire des films d\u2019animation ou des formes abstraites dessinent des motifs \u00e9tranges.  Pour ce faire, il dessine directement sur la pellicule et synchronise \u00e0 ses films, des enregistrements pirates de <span>Dizzy Gillespie<\/span>. Beaucoup de ces films ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits et les quelques projections faites par <span>Smith <\/span>lui-m\u00eame n\u2019\u00e9taient pas forc\u00e9ment toujours accompagn\u00e9es par la m\u00eame musique. La bande-son devait changer en fonction de l\u2019\u00e9poque. Le hasard comme cr\u00e9ateur d\u2019art et de magie. <br \/>C\u2019est en 1951 que <span>Smith <\/span>d\u00e9m\u00e9nage pour New York. L\u2019\u00e9poque parfaite pour un passionn\u00e9 de jazz. Dans les ann\u00e9es 50 et 60, il continue de peindre, de faire des films et d\u2019amasser des tonnes de documents, livres rares, objets improbables et meubles pour lesquels il d\u00e9pense parfois l\u2019argent destin\u00e9 \u00e0 son alimentation.<br \/>Sa passion pour la musique le pousse m\u00eame \u00e0 produire, en 1965, le premier album des Fugs, puis \u00e0 participer \u00e0 <span>First blues<\/span>, l\u2019album d\u2019<span>Allen Ginsberg<\/span>, sorti en 1976. La premi\u00e8re rencontre entre le po\u00e8te beat et le peintre\/cin\u00e9aste est, \u00e0 elle seule, digne d\u2019un roman. Elle a lieu au Five Spot, haut lieu du hard bop de New York, pendant un concert de <span>Thelonious Monk<\/span>. <span>Ginsberg <\/span>reconna\u00eet tout de suite <span>Smith<\/span>, cet homme \u00e9trange qui retranscrit les envol\u00e9es de \u00ab Sphere \u00bb en dessins. L\u2019histoire culturelle du vingti\u00e8me si\u00e8cle est remplie de hasards semblables, de moments o\u00f9 les artistes passent au bon endroit au bon moment et se reconnaissent. Comme par magie.<\/p>\n<p><span>Mahogany<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bp0.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV46xXmIMI\/AAAAAAAAABc\/P-F71KH73EY\/s1600-h\/HSh%26emagic1.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/bp0.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV46xXmIMI\/AAAAAAAAABc\/P-F71KH73EY\/s400\/HSh%26emagic1.jpg\" border=\"0\" alt=\"\"><\/a><\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre cin\u00e9matographique de la vie de Smith, qu\u2019il aura mis dix ans \u00e0 terminer s\u2019appelle <span>Mahogany<\/span>. De 1970 \u00e0 1980, l\u2019artiste travaille sur cette \u00ab <span>analyse math\u00e9matique du grand verre de <span>Marcel Duchamp<\/span><\/span> \u00bb et finit apr\u00e8s huit ans de montage \u00e0 r\u00e9duire ses onze heures de pellicules \u00e0 un film d\u2019un peu plus de deux heures, projet\u00e9 sur quatre \u00e9crans Mais <span>Mahogany <\/span>n\u2019\u00e9tait que le pr\u00e9lude \u00e0 ce qui devait devenir son magnum opus, une \u00e9vocation de la fin des temps et qu\u2019il n\u2019a jamais pu finir. A d\u00e9faut, son \u0153uvre la plus c\u00e9l\u00e8bre s\u2019appelle <span>Heaven and Earth Magic<\/span>. Selon les versions, elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 entre 1943 et 1958 ou 1950 et 1960 ou 1959 et 1961 avant d\u2019\u00eatre remont\u00e9 entre 1957 et 1962. Bref, comme tout ce qui concerne <span>Smith<\/span>, cette \u0153uvre faite de collage d\u2019images de catalogues du 19\u00e8me Si\u00e8cle, est prot\u00e9iforme, quasi-mutante. Il en existe des versions de six heures, cent vingt ou soixante-sept minutes. <span>Smith <\/span>la r\u00e9sume ainsi : \u00ab <span>La premi\u00e8re partie raconte le mal de dent de l\u2019h\u00e9ro\u00efne \u00e0 la suite de la perte d\u2019une past\u00e8que d\u2019une valeur inestimable, son passage chez le dentiste et sa mont\u00e9e au paradis. Vient ensuite une exposition \u00e9labor\u00e9e des terres paradisiaques \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019Isra\u00ebl et de Montr\u00e9al. La deuxi\u00e8me partie d\u00e9peint le retour vers la terre apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9vor\u00e9 par <span>Max M\u00fcller<\/span> le jour o\u00f9 <span>Edward VII<\/span> a inaugur\u00e9 le m\u00e9tro de Londres<\/span>. \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bp1.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV5DBXmINI\/AAAAAAAAABk\/y37J0iu9dxg\/s1600-h\/HScollage1.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/bp1.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV5DBXmINI\/AAAAAAAAABk\/y37J0iu9dxg\/s400\/HScollage1.jpg\" border=\"0\" alt=\"\"><\/a><\/p>\n<p>Alphabet enochien<\/p>\n<p>La partie la plus m\u00e9connue de la vie d&#8217;<span>Harry Smith<\/span> reste sans doute son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019occultisme et la magie. Membre de l\u2019O.T.O. de <span>Crowley<\/span>, l\u2019homme a fait de sa vie enti\u00e8re un acte magique. Gr\u00e2ce \u00e0 son p\u00e8re, celui qui devait devenir un des plus grand magicien du vingti\u00e8me si\u00e8cle, avait appris, d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, \u00e0 dessiner l\u2019arbre de la vie de la Kabbale et s\u2019est initi\u00e9 \u00e0 l\u2019alchimie. Plus tard, il essaiera de faire correspondre l\u2019alphabet enochien aux motifs tartans \u00e9cossais<br \/>C\u2019est donc tout naturellement que l\u2019artiste a transform\u00e9 sa vie en un gigantesque acte magique qui a englob\u00e9 aussi bien ses travaux dans la musique, la peinture ou le cin\u00e9ma que le moindre de ses actes quotidiens. En cr\u00e9ant la bande-son qui allait pr\u00e9parer une r\u00e9volution, en inventant les premiers films psych\u00e9d\u00e9liques et en cherchant \u00e0 cr\u00e9er des ponts entre jazz et dessin, <span>Harry Smith<\/span> a fond\u00e9 les bases d\u2019un underground qui a probablement cr\u00e9\u00e9 une grande partie de la mythologie du vingti\u00e8me Si\u00e8cle. Ses \u00e9tudes alchimiques et sa pratique de la magie sont toutes enti\u00e8res contenues dans son art, dans sa fa\u00e7on de vivre, dans ses amiti\u00e9s, bref, dans le moindre de ses gestes.<br \/>Qu\u2019<span>Harry Smith<\/span> ait fini sa vie comme shaman en r\u00e9sidence au Naropa Institute, apr\u00e8s quelques moments difficiles de sans-logis \u00e0 New York, n\u2019est pas un hasard. Il est sans doute celui qui a cr\u00e9\u00e9 les germes d\u2019une magie am\u00e9ricaine se propulsant depuis les chants des natifs du continent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019art qui repr\u00e9sente sans doute le mieux le vingti\u00e8me Si\u00e8cle : le cin\u00e9ma. <br \/>Rarement vie, \u0153uvre et h\u00e9ritage se seront \u00e0 ce point confondues que dans l\u2019existence d\u2019<span>Harry Smith<\/span>, le premier mage am\u00e9ricain.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/bp2.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV5VRXmIPI\/AAAAAAAAAB0\/hNHrnu7NmZU\/s1600-h\/headphones.gif\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/bp2.blogger.com\/_Sz_t1xwy0mM\/RsV5VRXmIPI\/AAAAAAAAAB0\/hNHrnu7NmZU\/s400\/headphones.gif\" border=\"0\" alt=\"\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un mage am\u00e9ricain Cin\u00e9aste exp\u00e9rimental, musicologue, peintre, anthropologue, Kabbaliste, linguiste, traducteur et ami de Charlie Parker, Dizzie Gillespie, Thelonious Monk, Jimmy Page, Jean-Luc Godard, Gregory Corso et Allen Ginsberg : Harry Smith \u00e9tait tout cela. 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