{"id":1700,"date":"2006-03-03T19:38:00","date_gmt":"2006-03-03T17:38:00","guid":{"rendered":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/?p=1700"},"modified":"2006-03-03T19:38:00","modified_gmt":"2006-03-03T17:38:00","slug":"1700","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/2006\/03\/03\/1700\/","title":{"rendered":""},"content":{"rendered":"<p><span>Locas<\/span><br \/><span>Jaime Hernandez<\/span><br \/>Seuil<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/static.flickr.com\/53\/107262919_fee5874b62.jpg\"><\/p>\n<p>Locas est un recueil d\u2019histoires courtes parues \u00e0 l\u2019origine dans le magazine des fr\u00e8res Hernandez, Love and Rockets, de 1982 \u00e0 1996 (un deuxi\u00e8me volume est pr\u00e9vu toujours au Seuil). Au d\u00e9but du livre, nous sommes donc en pleine explosion punk dans la Californie des eighties et nous suivons les p\u00e9rip\u00e9ties de Hopey et Maggie, deux jeunes femmes lib\u00e9r\u00e9s, modernes, totalement dans l\u2019air du temps et, bien \u00e9videmment, ayant du mal \u00e0 trouver une place dans cette soci\u00e9t\u00e9 qui a, ann\u00e9es 80 oblige, tendance \u00e0 rejeter tout le monde. C\u2019est aussi la chronique d\u2019un barrio latino, peupl\u00e9 de personnages totalement d\u00e9jant\u00e9s et loufoques, mais aussi compl\u00e8tement r\u00e9alistes dans leurs r\u00e9actions. Certaines histoires s\u2019attachent \u00e0 coller aux \u00e9tats d\u2019\u00e2mes des protagonistes, tandis que d\u2019autres partent dans des univers oniriques ou fantastiques g\u00e9r\u00e9s avec tellement de naturels qu\u2019ils fonctionnent compl\u00e8tement. On croise donc des catcheurs, des ex-taulards, des scooters sur a\u00e9roglisseurs, des concerts de rock, des dinners, de l\u2019architecture vernaculaire de la Californie du sud et le soleil, toujours le soleil. Au-del\u00e0 de ses sc\u00e9narios irracontables et que l\u2019on ne peut r\u00e9ellement appr\u00e9hender qu\u2019en les lisant, Locas est aussi l\u2019occasion de se d\u00e9lecter du trait de Jaime Hernandez, noir et blanc sublime, entre Kirby et ligne claire. Le dessinateur \u00e9pate autant par sa science de la narration (simple, belle et efficace) que par la densit\u00e9 et la ma\u00eetrise de son trait, v\u00e9ritable r\u00e9gal pour l\u2019amateur. Il y a donc de tout dans Locas, un graphisme magnifique au service d\u2019histoires de tar\u00e9s, de la folie et du quotidien, du rock et des larmes et m\u00eame, para\u00eetrait-il, de l\u2019amour et des fus\u00e9es\u2026<\/p>\n<p><span>The Goon t. 2 Enfance assassine<\/span><br \/><span>Eric Powell<\/span><br \/>Delcourt<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/static.flickr.com\/41\/107262918_6adfef6850.jpg\"><\/p>\n<p>Apr\u00e8s un premier volume d\u00e9cevant par rapport au buzz qui avait accompagn\u00e9 sa sortie en France, The Goon surprend ses d\u00e9tracteurs (dont j\u2019\u00e9tais) avec les premiers \u00e9pisodes de la s\u00e9rie r\u00e9guli\u00e8re publi\u00e9s ici par Delcourt. On y assiste \u00e0 l\u2019habituel d\u00e9luge de r\u00e9f\u00e9rences d\u00e9tourn\u00e9es (de Archie \u00e0 la Quatri\u00e8me Dimension, tout y passe) et aussi \u00e0 l\u2019enfance, \u00e9videmment perturb\u00e9e, du personnage titre. The Goon est m\u00e9chant, brutal, pince-sans-rire, bref, il n\u2019y rien du h\u00e9ros am\u00e9ricain typique et l\u2019univers dans lequel il \u00e9volue, sorte d\u2019ann\u00e9es 50 o\u00f9 les EC Comics auraient \u00e9t\u00e9 la litt\u00e9rature dominante, est un canevas id\u00e9al pour ses aventures. Ce qui pla\u00eet dans The Goon, outre les clins d\u2019\u0153il adress\u00e9s au lecteurs, est cet humour de sale gosse, jouissif et imm\u00e9diat, comme si Groucho Marx pissait sur tout ce qui bougeait, cigare aux l\u00e8vres. Eric Powell s\u2019amuse \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 dessiner The Goon et malgr\u00e9 ses dehors d\u2019am\u00e9ricain discret, le gars offre un trip d\u00e9lirant et fun \u00e0 l\u2019oppos\u00e9e de la production mainstream actuelle.<\/p>\n<p><span>La Nouvelle Fronti\u00e8re tome 1. Des dieux et des monstres.<\/span><br \/><span>Darwin Cooke <\/span><br \/>Panini<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/static.flickr.com\/55\/107262917_7e7a0da260.jpg\"><\/p>\n<p>Ancien animateur sur le dessin anim\u00e9 Batman, Darwin Cooke est un de ces nouveaux talents qui allient modernit\u00e9 et respect des traditions. Son approche graphique convoque autant Jack Kirby qu\u2019Alex Raymond ou Steve Ditko tandis que sa mise en page en trois strips lui permet quelques audaces de narration. Sous de beaux atours, La Nouvelle fronti\u00e8re raconte l\u2019histoire des super-h\u00e9ros de l\u2019univers DC, et surtout de la Ligue de Justice, replac\u00e9e dans le contexte de l\u2019apr\u00e8s deuxi\u00e8me guerre mondiale et des ann\u00e9es 50. Nous suivons les aventures d\u2019Hal Jordan, du Martian Manhunter, de Batman, de Wonder Woman et de tous leurs supers amis aux prises avec la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque : guerre de Cor\u00e9e et conqu\u00eate de l\u2019espace. Au Sands, Cassius Clay balance des bourre-pifs sur le ring tandis que Sinatra fait son num\u00e9ro avec Dino et dans le ciel, des personnages h\u00e9ro\u00efques se battent contre des pieuvres g\u00e9antes. Cooke rend bien l\u2019atmosph\u00e8re de ses ann\u00e9es 50 fantasm\u00e9es et r\u00e9tro-futuristes et signe un album novateur et respectueux d\u2019une certaine tradition super-h\u00e9ro\u00efque qui semble, de nos jours, ensevelie sous les Crises d\u2019Identit\u00e9 et autres relaunchs. Ne cherchez pas plus loin, le c\u00f4t\u00e9 merveilleux et \u00e9blouissant des gars en capes et en collants est tout entier contenu dans cet album\u2026.<\/p>\n<p><span>Les aventures de Luther Arkwright<\/span><br \/><span>Bryan Talbot<\/span> <br \/>Khymera<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/static.flickr.com\/48\/107262915_98324701d3.jpg\"><\/p>\n<p>Comment parler de Luther Arkwright a un lecteur qui n\u2019est pas d\u00e9j\u00e0 familier avec les travaux de Michael Moorcock sur le Multivers et Jerry Cornelius ? Mission difficile tant toute l\u2019\u0153uvre de Bryan Talbot semble \u00eatre un contrepoint parfait, version bande dessin\u00e9e, d\u2019une certaine vision de la science-fiction selon Moorcock. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019avoir lu ce dernier pour comprendre ou appr\u00e9cier Luther Arkwright, mais l\u2019impression, pour le lecteur qui conna\u00eet Cornelius, de se trouver face \u00e0 une adaptation non-officielle de ce fascinant personnage est pr\u00e9sente tout au long des 200 pages de la b\u00e9d\u00e9. Je ne parle pas ici de plagiat, Moorcock lui-m\u00eame, dans une introduction \u00e0 la version anglaise de ce volume malheureusement non reproduite ici, coupe court \u00e0 cette id\u00e9e. On pourrait alors, \u00e0 l\u2019instar de la reprise d\u2019un m\u00eame morceau de musique par diff\u00e9rents interpr\u00e8tes, \u00e9voquer une variation sur les m\u00eames th\u00e8mes : ceux des univers parall\u00e8les et du anti-h\u00e9ros romantique anglais. Talbot y ajoute un d\u00e9sespoir apocalyptique et \u00f4te \u00e0 la vision de Moorcock une coolitude sixties que l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le dessinateur cr\u00e9\u00e9 son \u0153uvre n\u2019autorise plus. Impression de d\u00e9cadence et de d\u00e9r\u00e9liction renforc\u00e9e par le trait noir et pr\u00e9cis de l\u2019auteur dont cette \u00e9dition fran\u00e7aise, de l\u2019avis m\u00eame de Talbot, offre une meilleure reproduction. On passera donc sur les couleurs rat\u00e9es de la couverture pour saluer le courage des \u00e9ditions Khymera qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 publier des \u0153uvres exigeantes au milieu d\u2019un tas de traductions am\u00e9ricaines dont on cherche souvent l\u2019int\u00e9r\u00eat. <\/p>\n<p><span><br \/>Deux S\u0153urs<\/span><br \/><span>Matt Kindt<\/span><br \/>Rackham<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/static.flickr.com\/55\/107262914_92bad1cd10.jpg\"><\/p>\n<p>Sous-titr\u00e9 Un Roman d\u2019espionnage, cet \u00e9norme pav\u00e9 est autant un puzzle qu\u2019une bande dessin\u00e9e. De la couverture \u00e0 la quatri\u00e8me de couve, tout fait sens dans ce labyrinthe narratif qui conte, vous l\u2019aurez devin\u00e9, l\u2019histoire de deux s\u0153urs aux prises avec le tourbillon de la guerre et des \u00e9v\u00e9nements qui les d\u00e9passent. Derri\u00e8re un graphisme quasi-iconique qui vise \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9, Kindt d\u00e9ploie plusieurs niveaux narratifs et entrecroise motifs et personnages pour offrir un v\u00e9ritable roman d\u2019espionnage avec codes secrets, poursuites et assassinats, le tout dans l\u2019atmosph\u00e8re pesante de l\u2019Europe en guerre. Un ouvrage exigeant qui r\u00e9compensera les lecteurs qui auront os\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LocasJaime HernandezSeuil Locas est un recueil d\u2019histoires courtes parues \u00e0 l\u2019origine dans le magazine des fr\u00e8res Hernandez, Love and Rockets, de 1982 \u00e0 1996 (un deuxi\u00e8me volume est pr\u00e9vu toujours au Seuil). Au d\u00e9but du livre, nous sommes donc en pleine explosion punk dans la Californie des eighties et nous suivons les p\u00e9rip\u00e9ties de Hopey [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1700","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","odd"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1700","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1700"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1700\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1700"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1700"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1700"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}