{"id":2885,"date":"2013-05-27T12:29:12","date_gmt":"2013-05-27T10:29:12","guid":{"rendered":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/?p=2885"},"modified":"2013-05-28T10:41:37","modified_gmt":"2013-05-28T08:41:37","slug":"2885","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/2013\/05\/27\/2885\/","title":{"rendered":"The Henry Darger show"},"content":{"rendered":"<p>Fini <em>American Gothic<\/em>, le dernier roman de Xavier Maum\u00e9jean.<br \/>\nConnaissant un poil le bonhomme, \u00e7a fait longtemps que j&#8217;entends parler de ce livre sans le savoir. Il m&#8217;a parl\u00e9 il y a un bail de son id\u00e9e d&#8217;\u00e9crire un livre sans h\u00e9ros et sans narrateur, puis aussi de celle de s&#8217;occuper de l&#8217;inventeur des blagues carambar et d&#8217;autres encore que j&#8217;ai retrouv\u00e9es \u00e0 la lecture. Le roman est donc tout \u00e7a, sans vraiment l&#8217;\u00eatre et on sent que le projet a un peu d\u00e9vi\u00e9 lorsque Xavier a choisi de traiter de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Henry_Darger\">Henry Darger<\/a> en lui inventant un double de fiction, Daryl Leyland. La trame du roman suit donc la vie de Darger, mais Xavier y ajoute tout un tas de r\u00e9f\u00e9rences, souvent d\u00e9cal\u00e9es, qui posent son roman le cul entre deux chaises: presque une uchronie, mais pas vraiment.<br \/>\nL&#8217;essentiel n&#8217;est pas l\u00e0, ceci dit. <em>American Gothic<\/em> est un texte sur les histoires, les r\u00e9cits que l&#8217;on se raconte (\u00e0 soi et aux autres), sur leur origine et leur devenir, leur rapport \u00e0 un peuple, un pays, \u00e0 l&#8217;enfance. C&#8217;est un texte de vieux conteur au coin du feu, racont\u00e9 de fa\u00e7on (post)moderne.<br \/>\nOn est loin, toutefois, du page-turner de folie et conna\u00eetre un peu les r\u00e9f\u00e9rences aide sans doute \u00e0 appr\u00e9cier un roman touffu sans \u00eatre jamais complexe. Connaissance le bonhomme (bis), j&#8217;imagine que c&#8217;est le genre de texte qu&#8217;il pourrait \u00e9crire, une fois la documentation rassembl\u00e9e, dans son sommeil, sous l&#8217;eau et avec les mains li\u00e9es dans le dos. Facilement, quoi. Un roman qui malaxe une fois de plus la mati\u00e8re maum\u00e9jeanesque et qui s\u2019int\u00e8gre parfaitement dans la coh\u00e9rence globale de l&#8217;oeuvre.<\/p>\n<p>Vu <em>De Rouille et d&#8217;os<\/em>. Impression bizarre d&#8217;\u00eatre face \u00e0 un manuel pour construire une histoire qui plaira \u00e0 partir de briques classiques. Du sc\u00e9nariste ma\u00e7on, quoi (et pas vraiment franc). Deux \u00eatres que tout oppose vont se rapprocher \u00e0 cause des circonstances de leurs vies et vont finir par affronter la vie ensemble. Le tout enrob\u00e9 dans une r\u00e9alisation trop pr\u00e9tentieuse pour son sujet et des sc\u00e8nes qui sont autant de passages oblig\u00e9s dans le genre. Comme une com\u00e9die romantique et tous ses poncifs, mais appliqu\u00e9 au cin\u00e9ma dramatique fran\u00e7ais.<br \/>\nLe tout n&#8217;est pas franchement mauvais, mais la pilule passe mal, car on se sent \u00e0 la limite d&#8217;un oeuvre cynique. Loin d&#8217;\u00eatre aussi nul que <em>Polisse<\/em>, <em>De Rouille et d&#8217;os <\/em>est du cin\u00e9ma calibr\u00e9, sans surprise, sans passion, sans go\u00fbt. Du cin\u00e9ma trop professionnel, qui manque d&#8217;\u00e2me&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fini American Gothic, le dernier roman de Xavier Maum\u00e9jean. 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