{"id":3292,"date":"2015-01-14T17:46:04","date_gmt":"2015-01-14T15:46:04","guid":{"rendered":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/?p=3292"},"modified":"2015-01-14T17:48:23","modified_gmt":"2015-01-14T15:48:23","slug":"un-bruit-magnifique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/2015\/01\/14\/un-bruit-magnifique\/","title":{"rendered":"Un bruit magnifique"},"content":{"rendered":"<p>J&#8217;avais promis, dans mon dernier post, de revenir \u00e0 des choses plus agr\u00e9ables. En l&#8217;occurrence, un livre et un documentaire. Je tente le coup, encore \u00e9bloui par les magnifiques carbonara de Giuseppe. <\/p>\n<p>J&#8217;ai failli manquer <em>Video Game <\/em>(titre fran\u00e7ais un peu naze de <em>Lucky Wander Boy<\/em>), de D.B. Weiss. J&#8217;avais pris le roman \u00e0 la biblioth\u00e8que et quelques semaines plus tard, j&#8217;\u00e9tais reparti pour le rendre sans l&#8217;avoir lu. Au dernier moment, je l&#8217;ai ouvert, feuillet\u00e9, puis j&#8217;ai demand\u00e9 si on pouvait me le renouveler. Et je l&#8217;ai attaqu\u00e9 aussi sec. Bien m&#8217;en a pris.<br \/>\n<em>Lucky Wander Boy<\/em> est l&#8217;histoire d&#8217;un jeune type, Adam, un peu paum\u00e9, obs\u00e9d\u00e9 par un jeu d&#8217;arcade rarissime et au game play improbable: Lucky Wander Boy. Il parvient \u00e0 se faire embaucher, en tant que r\u00e9dacteur, dans la boite de production qui a achet\u00e9 les droits d&#8217;adaptation cin\u00e9matographique du jeu. Il va se mettre \u00e0 la recherche de la cr\u00e9atrice japonaise de la borne et&#8230;<br \/>\nEt&#8230;<br \/>\nLe personnage principal va se perdre. Comme dans le jeu, dont le roman suit, pour ce qu&#8217;on en sait, la structure. Une fuite en avant qui comporte des similitudes, th\u00e9matiques et de traitement, avec ma nouvelle <em>Comme un automate d\u00e9ment reprogramm\u00e9 \u00e0 la mi-temps<\/em>. Une obsession qui se retrouve chez les protagonistes et qui s&#8217;incarne, dans <em>Lucky Wander Boy<\/em>, dans le Catalogue des jeux obsol\u00e8tes que r\u00e9dige Adam. Quelques lignes sur le passage de Pac-Man de la droite \u00e0 la gauche de l&#8217;\u00e9cran ou la lecture gnostique de Donkey Kong, valent \u00e0 elles-seules le d\u00e9tour (en tout cas pour moi,que la passion et l&#8217;\u00e2ge placent au c\u0153ur de cible du livre).<br \/>\nMalgr\u00e9 tout, <em>Lucky Wander Boy<\/em> n&#8217;est pas exempt de d\u00e9faut. La structure se rel\u00e2che un peu et la fin n&#8217;est pas assez resserr\u00e9e, peut-\u00eatre. On se perd sans doute trop, avec le personnage, sans \u00eatre r\u00e9compens\u00e9. L&#8217;int\u00e9r\u00eat se d\u00e9lite peu \u00e0 peu et l&#8217;intrigue n&#8217;est jamais relanc\u00e9, par un nouveau tableau o\u00f9 le personnage avancerait, scrolling lat\u00e9ral, dans un d\u00e9cor diff\u00e9rent, par exemple.<br \/>\nAh, et j&#8217;oubliais: D.B. Weiss a arr\u00eat\u00e9 d&#8217;\u00e9crire des romans (\u00e7a rapporte pas assez). Par contre, il adapte ceux de GRR Martin pour la t\u00e9loche, maintenant. <\/p>\n<p>Puisqu&#8217;on est dans mes obsessions, baissons coll\u00e9gialement la t\u00eate pour regarder nos chaussures.<br \/>\n<em>Beautiful Noise <\/em>est un documentaire sur le mouvement shoegaze que j&#8217;avais financ\u00e9, via kickstarter, il y a quelques ann\u00e9es. Et j&#8217;ai donc eu le privil\u00e8ge de voir ce film apr\u00e8s tout le monde (circuit des festival oblige), ce qui n&#8217;a pas manqu\u00e9 de me faire r\u00e2ler, \u00e9videmment.<br \/>\nBref.<br \/>\nLe film est correct. Techniquement moyen (surtout au niveau du son) et pas super bien \u00e9crit. Mais il permet de donner une vue d&#8217;ensemble de tous ces groupes appartenant \u00e0 cette soi-disant scene that celebrates itself. De Cocteau Twins aux reformations r\u00e9centes (dont Ride sont les derniers en date), on balaye les ann\u00e9es 80 et 90 avec tout un tas d&#8217;interviews (dont beaucoup d&#8217;\u00e9cossais aux accents incompr\u00e9hensibles) qui jette un regard pertinent sur le shoegaze. On comprend mieux, ou on se rem\u00e9more, les atouts de cette sc\u00e8ne : pas d&#8217;importance attach\u00e9e au look, une camaraderie entre groupes, un forte pr\u00e9sence f\u00e9minine (mais jamais de potiches, ni de revendications f\u00e9ministes, tout \u00e7a comme si \u00e7a allait de soi), une modestie, une absence d&#8217;ego&#8230; Et surtout de la musique originale, cr\u00e9ative et dont l&#8217;importance primait sur tout. Une sorte de pur mouvement artistique, finalement assez peu r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par le business, car plut\u00f4t pur. Alors oui, vous allez m&#8217;objecter plein de contre-exemples, mais je rappellerais que ce qui a suivi a \u00e9t\u00e9 l&#8217;abject mouvement de la britpop avec son nationalisme d\u00e9bile, ses guerres entre groupes mont\u00e9es par la presse, l&#8217;importance de l&#8217;image et la musique frankensteinienne, pauvre amalgame de pop anglaise 60&#8217;s et de rock am\u00e9ricain mal dig\u00e9r\u00e9.<br \/>\nEn comparaison, le shoegaze tel que nous le refait vivre <em>Beautiful Noise<\/em> \u00e9tait magique. Ouais, magique, c&#8217;est \u00e7a. Du genre \u00e0 faire l\u00e9viter les adolescentes.<br \/>\nMais nous en reparlerons&#8230;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/k3K8Nru6fnc\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&#8217;avais promis, dans mon dernier post, de revenir \u00e0 des choses plus agr\u00e9ables. En l&#8217;occurrence, un livre et un documentaire. Je tente le coup, encore \u00e9bloui par les magnifiques carbonara de Giuseppe. J&#8217;ai failli manquer Video Game (titre fran\u00e7ais un peu naze de Lucky Wander Boy), de D.B. Weiss. 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