{"id":4212,"date":"2017-09-04T12:06:09","date_gmt":"2017-09-04T10:06:09","guid":{"rendered":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/?p=4212"},"modified":"2017-09-04T12:06:09","modified_gmt":"2017-09-04T10:06:09","slug":"comment-je-travaille","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/2017\/09\/04\/comment-je-travaille\/","title":{"rendered":"Comment je travaille&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>Une des choses qui interpelle le plus mes interlocuteurs lorsqu&#8217;on me demande ce que je fais dans la vie (une fois certains aspects &#8220;techniques&#8221; comme la question des employeurs, des salaires et de savoir si &#8220;c&#8217;est moi qui \u00e9crit dans les bulles&#8221; \u00e9vacu\u00e9s) est peut-\u00eatre l&#8217;id\u00e9e du travail \u00e0 la maison et de l&#8217;emploi du temps. Et il est vrai que lorsque je retrouve des amis \u00e9crivains, sc\u00e9naristes ou traducteurs (une fois \u00e9vacu\u00e9s certains aspects &#8220;techniques&#8221; comme le nombre de signes par jour, les potins \u00e9ditoriaux et &#8220;tu veux une autre bi\u00e8re?&#8221;), je leur pose souvent des questions sur leurs fa\u00e7ons de travailler, leur installation et la mani\u00e8re dont ils d\u00e9coupent leurs journ\u00e9es. L&#8217;exp\u00e9rience et les rencontres m&#8217;ont appris qu&#8217;il n&#8217;y a presque pas deux fa\u00e7ons de faire semblables et que chacun, \u00e0 force de tests et de t\u00e2tonnements, finit par arriver \u00e0 s&#8217;organiser du mieux possible selon les circonstances. Selon les r\u00e9ponses que j&#8217;obtiens, je pique parfois des id\u00e9es pour tester si elles me conviennent. A d&#8217;autres moments,  elles me convainquent que non, d\u00e9cid\u00e9ment, je ne pourrais jamais fonctionner comme cela. Cette curiosit\u00e9 me permet d&#8217;en apprendre plus sur mon interlocuteur, mais aussi sur moi-m\u00eame et l&#8217;\u00e9change allant tr\u00e8s souvent dans les deux sens, je trouve ce genre de discussion tr\u00e8s enrichissant. Dans un autre genre, j&#8217;aime aussi lire les articles de <em>Lifehacker <\/em>sur la fa\u00e7on dont des gens travaillent : <a href=\"http:\/\/lifehacker.com\/tag\/how-i-work\">This is how I work<\/a>.<\/p>\n<p>Sans entrer dans trop de d\u00e9tails, qui n&#8217;int\u00e9resseraient sans doute que les &#8220;pros&#8221; parmi ceux qui lisent cet article, je me suis dit que j&#8217;allais donc essayer d&#8217;expliquer ici ma fa\u00e7on de fonctionner. Surtout pas pour offrir une r\u00e9ponse d\u00e9finitive \u00e0 ceux qui voudraient me poser la question (au contraire) ni pour affirmer la sup\u00e9riorit\u00e9 de mon syst\u00e8me. Il n&#8217;y a aucune &#8220;v\u00e9rit\u00e9&#8221; sur cette question. Chacun s&#8217;organise comme il veut\/peut et aucune journ\u00e9e n&#8217;est jamais parfaite ou typique. Certains ne peuvent \u00e9crire hors de chez eux, d&#8217;autres pr\u00e9f\u00e8rent aller au caf\u00e9. Certains ont besoin de ne pas avoir le moindre objet sur leur bureau, d&#8217;autres se fichent du bordel. Certains \u00e9crivent la nuit, d&#8217;autres uniquement le matin. Certains produisent un premier jet trois fois plus vite que d&#8217;autres qui, en revanche, relisent tr\u00e8s rapidement.<br \/>\nDans tous les cas, j&#8217;aime qu&#8217;ils me racontent comment ils s&#8217;y prennent, ce qui est facile ou difficile pour eux et d\u00e9couvrir leurs petites manies. Voici les miennes&#8230;<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 il y a peu, j&#8217;allais travailler plusieurs jours par semaine dans un atelier entour\u00e9 d&#8217;autres auteurs, de dessinateurs de bd, de photographes ou de coloristes (jusqu&#8217;en 2012 \u00e0 Bordeaux) puis avec des architectes et des plasticiens (jusqu&#8217;\u00e0 cette ann\u00e9e, \u00e0 B\u00e8gles). Et m\u00eame si je travaillais aussi certains jours chez moi, un tel lieu de travail me convenait plut\u00f4t bien. Plus de relations sociales, un endroit d\u00e9di\u00e9 uniquement \u00e0 la concentration (m\u00eame si \u00e7a ne fonctionne pas toujours aussi bien que cela), mais, en contrepartie, un loyer \u00e0 payer et du temps de trajet (en voiture, sans pouvoir lire, du temps carr\u00e9ment perdu, donc). Depuis quelques mois, donc, retour \u00e0 temps plein \u00e0 la maison: besoin de faire des \u00e9conomies et moins de possibilit\u00e9s de profiter du lieu ext\u00e9rieur. Une sage d\u00e9cision que je ne regrette pas pour l&#8217;instant. J&#8217;essaie de conserver une vie sociale en allant d\u00e9jeuner avec des amis au moins une fois par semaine. Et il m&#8217;arrive aussi d&#8217;aller travailler dehors, comme dans ces espaces de coworking gratos qui s&#8217;appellent &#8220;m\u00e9diath\u00e8ques&#8221;. Le premier jet de la majorit\u00e9 des \u00e9pisodes de <a href=\"https:\/\/carbone.ink\/serie\/moloch\/\">Moloch<\/a>, par exemple, a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit dans la salle de travail &#8211; agr\u00e9able et propice \u00e0 la concentration &#8211; de l&#8217;excellente <a href=\"http:\/\/www.lamediathequedegradignan.fr\/exploitation\/\">m\u00e9diath\u00e8que Jean Vautrin<\/a> de Gradignan.<\/p>\n<p>Mais sinon, les journ\u00e9es se d\u00e9roulent \u00e0 la maison et commencent bien trop t\u00f4t pour moi. Le r\u00e9veil \u00e0 7 heures est une souffrance quotidienne et le lever \u00e0 8 heures pendant les vacances scolaires me correspond bien plus. Une fois les filles pr\u00eates et emmen\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, retour \u00e0 la maison pour d\u00e9marrer le boulot vers 8h30, 8h35. Parfois, si rien ne presse et que l&#8217;envie m&#8217;en prend, je m&#8217;arr\u00eate prendre le petit-d\u00e9jeuner \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;\u00e9cole dans une boulangerie qui sert du caf\u00e9 correct et je lis un journal. Mise en route. Normalement, j&#8217;ai fait une ronde rapide des r\u00e9seaux sociaux et de mon <a href=\"https:\/\/feedly.com\">agr\u00e9gateur de contenu<\/a> en buvant mon premier caf\u00e9 du matin encore endormi et je n&#8217;ai plus qu&#8217;\u00e0 lire et \u00e0 r\u00e9pondre aux mails de la nuit avant de me mettre au travail. Cela se passe dans mon bureau, au fond de la maison, dans une pi\u00e8ce toute petite et cern\u00e9e de biblioth\u00e8ques, un esp\u00e8ce de fatras de r\u00e9f\u00e9rences, un cocon de papier qui n&#8217;est destin\u00e9 qu&#8217;\u00e0 cela, au travail (et de plus en plus rarement \u00e0 enregistrer de la musique), une sorte d&#8217;\u00eelot s\u00e9par\u00e9 du reste de l&#8217;habitation pour ne pas trop m\u00e9langer boulot et vie de famille. L&#8217;endroit o\u00f9 tout se passe &#8211; et o\u00f9 parfois, rien ne se passe, nous y reviendrons.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_57_33_Pro-1024x577.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" class=\"alignleft size-large wp-image-4233\" srcset=\"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_57_33_Pro-1024x577.jpg 1024w, http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_57_33_Pro-300x169.jpg 300w, http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_57_33_Pro-768x433.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_34_36_Pro-1024x577.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" class=\"alignleft size-large wp-image-4229\" srcset=\"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_34_36_Pro-1024x577.jpg 1024w, http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_34_36_Pro-300x169.jpg 300w, http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170902_16_34_36_Pro-768x433.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p><em>Deux vues du bureau. Oui, c&#8217;est le bazar, mais je m&#8217;y sens bien. Les deux murs qui ne sont pas visibles sont \u00e9galement remplis de livres et de CD\/DVD.<\/em><\/p>\n<p>Se mettre au travail, donc. Et c&#8217;est \u00e0 ce stade que la question devient \u00e9pineuse : mais c&#8217;est quoi ce travail ? <\/p>\n<p>Lorsque je m&#8217;assois \u00e0 mon bureau le matin, j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 de quoi la matin\u00e9e, au moins, sera faite. Il m&#8217;arrive de changer et de d\u00e9cider de chambouler ce que j&#8217;avais pr\u00e9vu (soit parce que je ne me sens pas assez en forme, soit parce qu&#8217;on m&#8217;a demand\u00e9 autre chose pendant la nuit, par exemple).<br \/>\nSi je suis en phase de traduction, le matin est g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0&#8230; traduire, donc. De la prose, entre 15000 et 20000 signes selon la forme, l&#8217;aisance du jour et surtout les dates de rendu. Certains jours, si j&#8217;ai commenc\u00e9 t\u00f4t et que tout coule bien, j&#8217;arrive \u00e0 finir 20000 signes entre midi et treize heures. Mais ne nous mentons pas, ces jours-l\u00e0 sont assez rares.<br \/>\nPour ceux qui ne sont pas habitu\u00e9s au comptage de signes, essayez de taper quelques mots ou quelques phrases dans un traitement de texte et regardez combien ce que vous avez \u00e9crit totalise de signes. Vous verrez ce que peut repr\u00e9senter 20000 signes. Cet article, par exemple, totalise \u00e0 peu pr\u00e8s 16000 signes.<br \/>\nSi je suis en p\u00e9riode d&#8217;\u00e9criture, j&#8217;\u00e9cris. Du sc\u00e9nario de bd. De la prose pour une nouvelle ou un roman (m\u00eame si \u00e7a fait bien deux ans que je n&#8217;ai pas \u00e9crit la moindre nouvelle). Avec l&#8217;exp\u00e9rience, je me suis rendu compte que le quota est plus l\u00e9ger quand j&#8217;\u00e9cris, que je n&#8217;arrivais pas vraiment \u00e0 d\u00e9passer les 15000 signes en une session de travail. Et encore, si tout se passe bien. Quand j&#8217;\u00e9cris un roman qui a une date de rendu (comme cela a pu m&#8217;arriver pour la trilogie Adam Verne chez Rageot, par exemple), je tiens compte de \u00e7a et je calcule le temps qu&#8217;il me faudra pour \u00e9crire le texte entier en fonction.<br \/>\nG\u00e9n\u00e9ralement, la matin\u00e9e reste bien plus propice \u00e0 la concentration que le reste de la journ\u00e9e. La fin d&#8217;apr\u00e8s-midi est plut\u00f4t bonne aussi pour moi, mais je n&#8217;ai pas malheureusement pas souvent le loisir d&#8217;en profiter pour travailler. <\/p>\n<p>La pause de midi consiste en un d\u00e9jeuner l\u00e9ger &#8211; s&#8217;il est trop gros, le d\u00e9but d&#8217;apr\u00e8s-midi est difficile &#8211; devant une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9 courte, un bout de film ou un \u00e9pisode de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/user\/LastWeekTonight\">John Oliver<\/a>. Puis, selon le temps, promenade avec le chien. S&#8217;il fait trop chaud (au-dessus de 25 ou 26 degr\u00e9s Miles commence \u00e0 ne pas avoir envie de trop bouger), je le prom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ralement plus t\u00f4t le matin. J&#8217;en profite pour \u00e9couter des podcasts : <a href=\"http:\/\/www.capturemag.net\/category\/podcast\/\">CaptureMag<\/a>, <a href=\"http:\/\/www.nocine.com\/\">Nocin\u00e9<\/a>,<a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/mauvais-genres\"> Mauvais Genre<\/a>,<a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/la-methode-scientifique\"> La M\u00e9thode scientifique<\/a> ou <a href=\"https:\/\/www.lastpodcastontheleft.com\/\">The Last podcast on the left<\/a>, entre autres. Mais souvent, j&#8217;ai simplement envie de profiter de la balade dans le calme, de m&#8217;enfoncer dans la campagne sans autre stimulus auditif que le bruit des oiseaux ou les conversations sans cons\u00e9quence avec les voisins. Une vraie pause.<br \/>\nRetour \u00e0 la maison et selon les p\u00e9riodes, m\u00e9ditation &#8211; non, ce n&#8217;est pas un euph\u00e9misme pour dire que je fais la sieste. Je ne m\u00e9dite pas tous les jours &#8211; il se passe parfois des mois entiers sans que je le fasse, car je n&#8217;en ressens pas le besoin &#8211; mais dans les moments o\u00f9 je le fais, j&#8217;essaie d&#8217;\u00eatre r\u00e9gulier et de prendre le temps de m&#8217;accorder cette petite accalmie quotidiennement. Dix ou quinze minutes, pas plus. M\u00e9thode pleine conscience. Je suis loin d&#8217;\u00eatre un cador ou un adepte acharn\u00e9, mais la pratique m&#8217;a fait du bien \u00e0 un moment o\u00f9 j&#8217;\u00e9tais tr\u00e8s stress\u00e9 et j&#8217;y prends beaucoup de plaisir.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170811_16_35_43_Pro-1024x577.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" class=\"alignleft size-large wp-image-4224\" srcset=\"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170811_16_35_43_Pro-1024x577.jpg 1024w, http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170811_16_35_43_Pro-300x169.jpg 300w, http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/WP_20170811_16_35_43_Pro-768x433.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><br \/>\n<em>Puisque je vous dis que les balades avec Miles sont agr\u00e9ables&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Puis retour au travail. Le d\u00e9but d&#8217;apr\u00e8s-midi, cette p\u00e9riode postpandriale propice \u00e0 l&#8217;endormissement plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 la concentration, est difficile. Dur de focaliser sur la t\u00e2che en cours. Si j&#8217;ai des choses \u00e0 faire qui ne demandent pas une grande attention, c&#8217;est le moment que je choisis. Sinon, je lutte, plus ou moins p\u00e9niblement, pour reprendre le cours de ma traduction ou du synopsis en cours. Si je traduis et que j&#8217;ai fini mon quota de prose, je passe alors \u00e0 une traduction de comics. Il me faut entre deux et quatre heures pour achever le premier jet des 20 ou 22 pages d&#8217;un fascicule am\u00e9ricain. Tout d\u00e9pend, bien s\u00fbr, du nombre et de la densit\u00e9 des bulles. Un \u00e9pisode de Kirby bien bavard me prendra plus de temps qu&#8217;un \u00e9pisode moderne bien plus &#8220;d\u00e9compress\u00e9&#8221;, par exemple.<\/p>\n<p>Une fois 20000 signes de prose ajout\u00e9s \u00e0 un comics (entre 8000 et 14000 signes de plus en moyenne), mon cerveau me dit clairement qu&#8217;il est temps de s&#8217;arr\u00eater. Si les filles sont rentr\u00e9es, ce qui est souvent le cas, je l&#8217;\u00e9coute et stoppe. Sinon, j&#8217;essaie d&#8217;avancer sur des projets plus personnels. Vous comprenez maintenant pourquoi <a href=\"http:\/\/fahrenheit.lu\/\">Fahrenheit <\/a>n&#8217;est pas mis \u00e0 jour toutes les semaines.<br \/>\nLa fin d&#8217;apr\u00e8s-midi est souvent un second souffle, pour moi. Je retrouve une concentration optimum et si j&#8217;en ai l&#8217;occasion, je profite pour bosser \u00e0 fond une ou deux heures et j&#8217;arr\u00eate entre 18 et 19h selon les exigences du jour. Mais ce n&#8217;est pas toujours le cas et je suis parfois oblig\u00e9 de zapper cette p\u00e9riode propice. Cela dit, en g\u00e9n\u00e9ral, il n&#8217;est pas rare que j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 achev\u00e9 ce que j&#8217;avais pr\u00e9vu de faire au cours de la journ\u00e9e. <\/p>\n<p>N&#8217;allez pour autant pas croire que les signes couch\u00e9s sur le traitement de texte au cours d&#8217;une journ\u00e9e sont achev\u00e9s. Non. Ils n\u00e9cessitent encore au moins deux ou trois relectures, selon les circonstances. Il s&#8217;agit d&#8217;un premier jet, plus ou moins abouti selon la difficult\u00e9 du texte, ma forme, ma concentration etc. Je sais que certains autres traducteurs tendent \u00e0 aller vers un premier jet le plus propre possible, mais je ne fonctionne pas comme \u00e7a. Je passe \u00e9norm\u00e9ment de temps sur les relectures. Ca me prend parfois la t\u00eate et je m&#8217;y arrache les cheveux, mais je n&#8217;ai pas encore trouv\u00e9 d&#8217;autre moyen d&#8217;y arriver. Et dans ces p\u00e9riodes de relectures (qui peuvent durer plusieurs mois si je suis sur un gros roman), certaines choses changent. Le rythme de la journ\u00e9e reste le m\u00eame, mais la concentration est encore plus dure \u00e0 maintenir. Je m&#8217;efforce d&#8217;\u00e9viter les r\u00e9seaux sociaux et les bouffe-temps comme youtube (si je jette un oeil sur un concert ou une session d&#8217;un groupe que j&#8217;aime bien, je peux perdre une demi-heure b\u00eatement). J&#8217;utilise m\u00eame un add-on comme <a href=\"https:\/\/chrome.google.com\/webstore\/detail\/stayfocusd\/laankejkbhbdhmipfmgcngdelahlfoji?hl=fr\">Stay Focused<\/a> pour ne pas me perdre dans des choses qui ne sot pas essentielles et qui coupent salement le rythme.<br \/>\nSi \u00e7a vous int\u00e9resse, je pourrais vous parler, dans un autre article, des outils que j&#8217;utilise au quotidien dans le boulot.<\/p>\n<p>J&#8217;essaie toujours de m&#8217;organiser pour r\u00e9ussir \u00e0 rendre mes boulots dans les temps. Evidemment, si je suis en retard, ou qu&#8217;un truc impr\u00e9vu m&#8217;est tomb\u00e9 sur la gueule, tout ce que je viens de vous raconter ne tient plus et je bourrine bien plus, nuit, week-end etc. C&#8217;est rare, car on s&#8217;\u00e9puise vite dans ces cas-l\u00e0 et que le travail en p\u00e2tit. La routine que j&#8217;essaie de suivre me permet de bien avancer, de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re. J&#8217;essaie de la respecter. Je ne m&#8217;accorde jamais (\u00e7a a d\u00fb m&#8217;arriver deux fois en quinze ans) de journ\u00e9es ou de demi-journ\u00e9es off. Oui, je sais, je suis un peu con. Parfois, quand je n&#8217;arrive vraiment pas \u00e0 travailler, quand ma concentration est proche du n\u00e9ant, je crois que je devrais arr\u00eater carr\u00e9ment une heure ou deux au lieu de rester \u00e0 fixer les tranches de mes livres ou d&#8217;errer b\u00eatement sur youtube. Mais je reste assis sur ma chaise, croyant sans doute que \u00e7a reviendra tout seul. Je ferais sans doute mieux d&#8217;aller faire un tour ou de me changer les id\u00e9es dans ces moments-l\u00e0, qui sont de toute fa\u00e7on perdus. J&#8217;ai des progr\u00e8s \u00e0 faire l\u00e0-dessus. <\/p>\n<p>La majeure partie du vrai travail cr\u00e9atif, en revanche &#8211; les id\u00e9es qui viennent et que l&#8217;on note, les perp\u00e9tuelles lectures\/recherches, les prises de notes etc &#8211; ne r\u00e9pond \u00e0 aucun emploi du temps, aucune routine. Le roi vient quand il veut. Je suis en mode &#8220;on&#8221; tout le temps et cette organisation n&#8217;aide en rien le travail de cr\u00e9ation. Elle me permet simplement d&#8217;avancer au quotidien sur la partie la plus longue, d\u00e9licate et exigeante du travail. Les \u00e9clairs frappent n&#8217;importe o\u00f9, n&#8217;importe quand. <\/p>\n<p>J&#8217;\u00e9coute beaucoup de musique en travaillant. J&#8217;ai des milliards de compils sur Spotify et tout un classement compliqu\u00e9, par ann\u00e9e, pour les albums que j&#8217;\u00e9coute. Lorsque tout ne coule pas bien, je fais appel \u00e0 de l&#8217;ambient ou \u00e0 des musiques de films et si tout roule, j&#8217;ose parfois \u00e9couter toute ma biblioth\u00e8que en shuffle. Des encha\u00eenements sont parfois brutaux (allez donc jeter un oeil \u00e0 mon profil Spotify si \u00e7a vous chante). Mais je n&#8217;\u00e9coute pas du tout de musique en relisant. Jamais. Et parfois pas non plus lorsque je sens vraiment que j&#8217;ai du mal \u00e0 me concentrer.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas de v\u00e9ritable journ\u00e9e type, mais je pense avoir \u00e0 peu pr\u00e8s r\u00e9sumer ma fa\u00e7on de faire. Au final, tout est sans doute bien plus d\u00e9cousu dans la r\u00e9alit\u00e9. Ca ressemble peut-\u00eatre plus \u00e0 \u00e7a, par exemple : lundi matin : traduction roman. Lundi apr\u00e8s-midi: \u00e9criture sc\u00e9nario de bd. Mardi matin: traduction roman. Mardi apr\u00e8s-midi : traduction comics. Mercredi : relecture traduction nouvelle + \u00e9criture roman. Etc&#8230; Tandis que d&#8217;autres semaines sont plus routini\u00e8res, si j&#8217;\u00e9cris un roman, par exemple, j&#8217;essaie d&#8217;\u00e9crire tous les matins de la semaine (et \u00e7a peut se prolonger tard dans l&#8217;apr\u00e8s-midi). <\/p>\n<p>En ce moment, comme je travaille sur <a href=\"https:\/\/carbone.ink\/serie\/moloch\/\">Moloch<\/a>, je consacre une journ\u00e9e par semaine \u00e0 l&#8217;\u00e9criture du feuilleton, histoire de garder le m\u00eame rythme que celui de la publication. Quitte \u00e0 se lancer dans ce format, je me suis dit qu&#8217;il fallait y aller \u00e0 fond et suivre le m\u00eame mouvement. Le reste de la semaine est consacr\u00e9 \u00e0 la traduction d&#8217;un super roman et \u00e0 celle de super comics. Non, vraiment, j&#8217;ai la chance de travailler sur des choses qui me plaisent vraiment depuis quelques ann\u00e9es. Et si le rythme a bien augment\u00e9, la qualit\u00e9 des traductions que l&#8217;on me confie a suivi. Mes journ\u00e9es sont bien remplies, mais rares sont les moments o\u00f9 je trouve mon travail fastidieux.<\/p>\n<p>J&#8217;aimerais sans doute consacrer plus de temps \u00e0 mes projets personnels (romans ou nouvelles, projets bd), mais les circonstances, essentiellement financi\u00e8res, ne me le permettent pas encore tout \u00e0 fait. <\/p>\n<p>Mes journ\u00e9es sont donc \u00e0 la fois tr\u00e8s routini\u00e8res et pourtant jamais vraiment semblables. Elles se ressemblent un peu toute en termes d&#8217;emploi du temps, mais pas du tout en terme de contenu. Tous les jours des surprises, bonnes ou mauvaises. Tous les jours des r\u00e9ussites ou des \u00e9checs. Tous les jours de l&#8217;enthousiasme ou du d\u00e9couragement. Comme un peu tout le monde, j&#8217;imagine.<br \/>\nJe parle peu au t\u00e9l\u00e9phone, mais converse par messagerie instantan\u00e9e ou mail avec des amis ou des coll\u00e8gues tous les jours. Je ne me sens pas seul, encore moins depuis qu&#8217;il y a Miles, et j&#8217;appr\u00e9cie le confort de ne pas perdre de temps dans les transports. Je d\u00e9jeune au moins une fois par semaine en ville avec des amis. Un moment dont j&#8217;ai vraiment besoin. Je vais me d\u00e9fouler au Yoseikan Budo et en branchant ma p\u00e9dale de distorsion sur un ampli avec les <a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/brokehelado\">copains<\/a>.<br \/>\nJe ne lis pas assez \u00e0 mon go\u00fbt. Je ne vais presque jamais au cin\u00e9ma (deux fois par an en moyenne), mais j&#8217;essaie de regarder quelques films ou s\u00e9ries pendant ma pause m\u00e9ridienne ou le soir. <\/p>\n<p>Je suis bien conscient que le m\u00e9lange de mes activit\u00e9s donne, au final, un &#8220;m\u00e9tier&#8221; qui ne ressemble \u00e0 aucun autre. J&#8217;essaie de le pratiquer du mieux possible en gardant mon enthousiasme et une certaine fra\u00eecheur. Je ne m&#8217;amuse pas tous les jours, mais il y a bien plus de bonnes journ\u00e9es que de mauvaises.<\/p>\n<p>Si vous avez des questions \u00e0 poser ou des pr\u00e9cisions \u00e0 demander, n&#8217;h\u00e9sitez pas. Je me ferai un plaisir de r\u00e9pondre. Et si vous avez des conseils \u00e0 me donner, des astuces qui vous aident \u00e0 mieux travailler, \u00e0 mieux vous organiser, je suis preneur aussi. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une des choses qui interpelle le plus mes interlocuteurs lorsqu&#8217;on me demande ce que je fais dans la vie (une fois certains aspects &#8220;techniques&#8221; comme la question des employeurs, des salaires et de savoir si &#8220;c&#8217;est moi qui \u00e9crit dans les bulles&#8221; \u00e9vacu\u00e9s) est peut-\u00eatre l&#8217;id\u00e9e du travail \u00e0 la maison et de l&#8217;emploi du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-4212","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","odd"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4212","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4212"}],"version-history":[{"count":17,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4212\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4235,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4212\/revisions\/4235"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4212"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4212"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4212"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}