{"id":5454,"date":"2022-08-01T16:14:16","date_gmt":"2022-08-01T14:14:16","guid":{"rendered":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/?p=5454"},"modified":"2022-08-01T16:14:17","modified_gmt":"2022-08-01T14:14:17","slug":"sandman-relecture-volume-1-preludes-and-nocturnes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/2022\/08\/01\/sandman-relecture-volume-1-preludes-and-nocturnes\/","title":{"rendered":"Sandman, relecture : Volume 1, Preludes and Nocturnes"},"content":{"rendered":"\n<p>L&#8217;arriv\u00e9e prochaine de la s\u00e9rie TV sur Netflix m&#8217;a rappel\u00e9 cette envie de longue date : relire <em>Sandman<\/em> depuis le d\u00e9but. Contrairement \u00e0 d&#8217;autres s\u00e9ries de l&#8217;\u00e9poque (80&#8217;s-90&#8217;s) comme les <em>Invisibles<\/em>, <em>Preacher<\/em> ou toute l&#8217;oeuvre d&#8217;Alan Moore de cette p\u00e9riode, je ne me suis jamais replong\u00e9 de fa\u00e7on syst\u00e9matique dans ce qui reste, \u00e0 mes yeux, la seule oeuvre vraiment marquante de Neil Gaiman. Opinion controvers\u00e9e, je sais, mais si j&#8217;adore \u00e9couter parler l&#8217;auteur, je ne ressens pas d&#8217;affinit\u00e9 avec sa prose et je trouve \u00e0 ses romans une certaine ti\u00e9deur qui, sans me les rendre compl\u00e8tement d\u00e9sagr\u00e9ables, m&#8217;interroge sur leur succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Si j&#8217;ai d\u00e9couvert la s\u00e9rie alors qu&#8217;elle avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 sa moiti\u00e9, j&#8217;ai pris beaucoup de plaisir \u00e0 lire la fin de <em>Sandman<\/em> (via des <em>singles issues<\/em> lors de leurs sorties) avant de retourner picorer dans les volumes pr\u00e9c\u00e9dents. Quelques \u00e9pisodes restent encore implant\u00e9s dans mon cerveau et je me demande si l&#8217;oeuvre va encore tenir la route. Je ne suis plus un adolescent facilement \u00e9pat\u00e9, m\u00eame si je ne suis peut-\u00eatre pas encore tout \u00e0 fait revenu de l&#8217;imagerie gothique d\u00e9velopp\u00e9e dans la s\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/en\/0\/0a\/Sandman_Preludes_and_Nocturnes.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le premier recueil rassemble donc les \u00e9pisodes 1 \u00e0 8 publi\u00e9s en 1988-89.  Dans le premier &#8211; qui, contrairement aux autres, de 22 pages, en totalise 40 &#8211; Gaiman fait d&#8217;entr\u00e9e une Alan Moore. On sait que le sc\u00e9nariste a repris la suite de son ami de Northampton sur <em>Miracle Man<\/em> et, m\u00eame s&#8217;il a d\u00e9j\u00e0 boss\u00e9 sur plusieurs romans graphiques avec son camarade Dave McKean, qu&#8217;il se retrouve, en quelque sorte, pos\u00e9 sur les \u00e9paules de ce g\u00e9ant qu&#8217;est Moore. DC est avide de sang neuf et le fait d&#8217;\u00eatre Anglais et d&#8217;appartenir \u00e0 &#8220;l&#8217;\u00e9cole Moore&#8221; lui donne un avantage sur certains concurrents. D\u00e8s le d\u00e9part, donc, il reprend une des astuces narratives du sc\u00e9nariste qu&#8217;il admire et renverse la table. <\/p>\n\n\n\n<p>Karen Berger, \u00e9ditrice du label Vertigo, demande \u00e0 Gaiman de cr\u00e9er une s\u00e9rie <em>Sandman<\/em>, \u00e0 la seule condition qu&#8217;il ne se base pas sur les Sandmen existant chez DC, un personnage des ann\u00e9es 40 (Wesley Dodds que l&#8217;on retrouvera plus tard dans l&#8217;excellente s\u00e9rie <em>Sandman Mistery Theater<\/em>) et un autre de Jack Kirby et Joe Simon datant des ann\u00e9es 70. Le sc\u00e9nariste adopte alors une approche plus mythologique, plus <em>fantasy<\/em>, tout en s&#8217;inscrivant dans la tradition instaur\u00e9e par Moore. Son personnage principal, le marchand de sable, personnification des r\u00eaves, est ainsi fait prisonnier d\u00e8s le premier \u00e9pisode et reste soixante-dix ans dans cet \u00e9tat. Son bourreau, un magicien \u00e0 la Crowley nomm\u00e9 Roderick Burgess, n&#8217;emprunte pas qu&#8217;\u00e0 l&#8217;homme le plus malsain du monde, mais fait \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce bougre de Ron Hubbard (dont Gaiman conna\u00eet forc\u00e9ment l&#8217;histoire et les frasques puisque le p\u00e8re du sc\u00e9nariste \u00e9tait un des grands pontes de la scientologie en Angleterre). Avec un personnage dans la panade d\u00e8s le d\u00e9part, Gaiman prend un contrepied qui lui permettra ensuite de d\u00e9velopper des tas d&#8217;intrigues pour combler le trou de soixante-dix ans o\u00f9 Dream (puisque le Sandman est le plus souvent appel\u00e9 ainsi) \u00e9tait prisonnier. Une technique narrative de renversement \u00e9prouv\u00e9e par Moore dans <em>Miracle Man<\/em> ou <em>Swamp Thing<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Gaiman s&#8217;inspire des meilleurs et cette influence principale est tr\u00e8s visible dans ces huit premiers num\u00e9ros. Il inscrit <em>Sandman<\/em> dans ce qui deviendra l&#8217;univers Vertigo en faisant appara\u00eetre le merveilleux John Constantine (cr\u00e9\u00e9 par Moore), puis dans l&#8217;univers DC avec de multiples mentions plus ou moins importantes (Arkham Asylum, Doctor Destiny, Granny Goodness, les Sandmen pr\u00e9c\u00e9dents etc). Dream cherche \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer des objets qui lui ont \u00e9t\u00e9 vol\u00e9s durant son emprisonnement et il part m\u00eame visiter l&#8217;enfer pour y parvenir. Gaiman et ses dessinateurs &#8211; l&#8217;excellent Sam Keith et Mike Dringenberg &#8211; ne s&#8217;\u00e9loignent gu\u00e8re d&#8217;une forme de fantastique horrifique encore loin de ce que la s\u00e9rie deviendra. Le sc\u00e9nariste demeure sous la forte influence d&#8217;Alan Moore et ne semble s&#8217;en extraire pour de bon qu&#8217;apr\u00e8s quelques \u00e9pisodes gla\u00e7ants mettant en sc\u00e8ne Doctor Destiny jouant \u00e0 Dieu dans un <em>diner<\/em>. Dans l&#8217;\u00e9pisode 8, l&#8217;auteur introduit le personnage de Death, soeur de Dream et personnification de la mort, une jeune gothique au look inspir\u00e9 d&#8217;une des connaissances de Dringenberg et qui apporte la touche Gaiman, ce cocktail de mythologie et d&#8217;humanit\u00e9 dans lequel la s\u00e9rie va tremper pendant toute son existence. L&#8217;impression de lire un dialogue entre Robert Smith et Siouxsie Sioux inscrit \u00e9galement la bd dans l&#8217;air du temps (les US ont \u00e9t\u00e9 un peu en retard sur la vague cold\/gothique et ce n&#8217;est qu&#8217;avec <em>Disintegration <\/em>que Cure a commenc\u00e9 \u00e0 cartonner l\u00e0-bas en 89) et l&#8217;on sent que la s\u00e9rie correspond exactement \u00e0 ce que souhaitent lire les \u00e9tudiants citadins (pour caricaturer) de l&#8217;\u00e9poque. <em>The Sound of her wings <\/em>(<em>Le bruit de ses ailes<\/em>) est l&#8217;\u00e9pisode qui marque le v\u00e9ritable d\u00e9but de <em>Sandman<\/em>. Les num\u00e9ros pr\u00e9c\u00e9dents, pour bien foutus et agr\u00e9ables \u00e0 lire qu&#8217;ils soient, ressemblent en comparaison \u00e0 quelques pas d&#8217;\u00e9lans avant de faire d\u00e9coller le deltaplane. <\/p>\n\n\n\n<p>On sent que Gaiman commence \u00e0 voir le potentiel de ce qu&#8217;il a entre les mains et qu&#8217;il s&#8217;appr\u00eate \u00e0 larguer ses influences et \u00e0 passer la seconde. Ce premier volume est un beau pr\u00e9lude qui laisse pr\u00e9sager le meilleur et dont l&#8217;impact sur la bande dessin\u00e9e am\u00e9ricaine se fait encore sentir aujourd&#8217;hui. Car Sandman a emmen\u00e9 un nouveau lectorat (plus f\u00e9minin, plus cultiv\u00e9) vers les comic-books et a pos\u00e9, avec d&#8217;autres s\u00e9ries, les bases du label Vertigo qui d\u00e9marrera en 1993 et marquera toute une g\u00e9n\u00e9ration de lecteurs et d&#8217;auteurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;arriv\u00e9e prochaine de la s\u00e9rie TV sur Netflix m&#8217;a rappel\u00e9 cette envie de longue date : relire Sandman depuis le d\u00e9but. Contrairement \u00e0 d&#8217;autres s\u00e9ries de l&#8217;\u00e9poque (80&#8217;s-90&#8217;s) comme les Invisibles, Preacher ou toute l&#8217;oeuvre d&#8217;Alan Moore de cette p\u00e9riode, je ne me suis jamais replong\u00e9 de fa\u00e7on syst\u00e9matique dans ce qui reste, \u00e0 mes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[8],"class_list":["post-5454","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","tag-sandman","odd"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5454","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5454"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5454\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5457,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5454\/revisions\/5457"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5454"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5454"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5454"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}