{"id":3631,"date":"2016-01-18T14:50:52","date_gmt":"2016-01-18T12:50:52","guid":{"rendered":"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/?p=3631"},"modified":"2016-01-20T10:42:23","modified_gmt":"2016-01-20T08:42:23","slug":"genese-dragon-de-thomas-day","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/2016\/01\/18\/genese-dragon-de-thomas-day\/","title":{"rendered":"Gen\u00e8se: Dragon de Thomas Day"},"content":{"rendered":"<p>2016 est l&#8217;occasion pour les \u00e9ditions du B\u00e9lial de f\u00eater leur 20\u00e8me anniversaire et ils commencent l&#8217;ann\u00e9e en lan\u00e7ant une nouvelle collection de novellas: <a href=\"http:\/\/www.belial.fr\/collection\/le-belial-une-heure-lumiere\">une heure-lumi\u00e8re<\/a>. Quatre titres sortent conjointement, dont le nouveau texte d&#8217;un des auteurs f\u00e9tiches du B\u00e9lial, <strong>Thomas Day<\/strong>, qui signe, avec <em>Dragon<\/em>, un thriller captivant et \u00e2pre. <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/media.biblys.fr\/book\/68\/54068.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<strong><br \/>\nThomas Day<\/strong>:<\/p>\n<p><em>Dragon <\/em>est mon dernier ouvrage publi\u00e9, un court roman de 160 pages, premier titre de la nouvelle collection du B\u00e9lial&#8217; : Une heure-Lumi\u00e8re. C&#8217;est un texte \u00e0 part dans ma production, r\u00e9solument.<\/p>\n<p><em>Dragon <\/em>raconte l&#8217;histoire d&#8217;un tueur de p\u00e9dophiles\/prox\u00e9n\u00e8tes et du policier charg\u00e9 de le retrouver. Le roman se d\u00e9roule \u00e0 Bangkok dans un futur proche, puis dans les jungles du nord-ouest de la Tha\u00eflande.<\/p>\n<p>Le 14 janvier 2014, il y a donc deux ans, \u00e0 deux jour pr\u00e8s, j&#8217;\u00e9crivais sur mon <a href=\"http:\/\/surlapistededragon.eklablog.com\/\">blog <\/a>, le texte suivant :<\/p>\n<p>\u00ab <em>Dragon <\/em>(\u0e21\u0e31\u0e07\u0e01\u0e23)  est n\u00e9 il y a longtemps, sans doute vers l&#8217;an 2000, au Laos, \u00e0 Vientiane, sur les bords du M\u00e9kong o\u00f9 pour la premi\u00e8re fois de ma vie j&#8217;ai vu des enfants se prostituer (j&#8217;en avais sans doute vu en 1997 \u00e0 Bucarest, mais \u00e0 l&#8217;\u00e9poque je n&#8217;avais tout simplement pas compris que ces enfants qui tra\u00eenaient dans la capitale roumaine en fumant cigarette sur cigarette, et en se d\u00e9fon\u00e7ant \u00e0 la colle ou au solvant, \u00e9taient de jeunes prostitu\u00e9s). En l&#8217;an 2000, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9, mais pas tant que \u00e7a, je savais que \u00e7a existait, je ne voyais pas trop en quoi \u00e7a me concernait. Puis j&#8217;en ai revus au Cambodge, six ou sept ans plus tard, des petites filles maquill\u00e9es \u00e0 Phnom Penh, \u00e2g\u00e9es de 5 ou 6 ans. Le choc a \u00e9t\u00e9 plus rude que la premi\u00e8re fois. Et <em>Dragon <\/em>a grossi. Et maintenant que j&#8217;ai deux fils de 6 et 8 ans, le monstre est arriv\u00e9 \u00e0 pleine maturit\u00e9. Il a besoin de sortir.<\/p>\n<p>Il en aura mis du temps \u00e0 se d\u00e9velopper en moi : douze ou treize ans. \u00bb<\/p>\n<p>C&#8217;est une description la plus honn\u00eate possible me semble-t-il de la gen\u00e8se de ce texte, mais elle est incompl\u00e8te (forc\u00e9ment). D&#8217;abord, j&#8217;aurais pu pr\u00e9ciser que mes fils Judica\u00ebl et Akira sont \u00e0 moiti\u00e9 cambodgiens, et par cons\u00e9quent l&#8217;existence de dizaines de milliers de jeunes prostitu\u00e9s asiatiques a un impact particulier sur moi. Ensuite, avant <em>Dragon <\/em>(2016) il y a eu un autre <em>Dragon <\/em>: un vagabond moiti\u00e9 vietnamien, fils de soldat am\u00e9ricain, en Alaska qui vivait avec son chien, r\u00e9parait des skidoos et gagnait sa vie en participant \u00e0 des combats clandestins. Je n&#8217;ai jamais \u00e9t\u00e9 convaincu ni par la v\u00e9racit\u00e9 de ce personnage ni par la port\u00e9e litt\u00e9raire de ses errances. Et ce premier <em>Dragon <\/em>(qui a failli \u00eatre mon premier roman de litt\u00e9rature g\u00e9n\u00e9rale) s&#8217;est d\u00e9finitivement endormi quelque part dans un disque dur.<\/p>\n<p>Mais revenons au <em>Dragon <\/em>de 2016&#8230;<\/p>\n<p>Il y a deux ans, j&#8217;\u00e9crivais toujours sur mon blog, dans le m\u00eame post du 14 janvier :<\/p>\n<p>\u00ab Ici, en France, je suis arriv\u00e9 au bout de ce que je pouvais \u00e9crire. C&#8217;est pour \u00e7a que ce texte finira d&#8217;\u00eatre \u00e9crit en Tha\u00eflande, sur les lieux m\u00eames du roman, \u00e0 Bangkok et dans les jungles du nord-ouest du pays. \u00bb<\/p>\n<p>Le premier jet de <em>Dragon <\/em>a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en grande partie en r\u00e9sidence d&#8217;\u00e9crivain \u00e0 Vauvert. Ce n&#8217;\u00e9tait pas \u00e0 proprement parl\u00e9 un premier jet, mais des bouts de textes (110 000 signes en tout), dans le d\u00e9sordre le plus total, perclus de [description], [dialogue manquant], [motivation ?]. J&#8217;ai tout compl\u00e9t\u00e9 et finalis\u00e9 en Tha\u00eflande, durant mes rep\u00e9rages : \u00e0 Bangkok, puis \u00e0 Tak (rep\u00e9rages infructueux), et enfin \u00e0 Mae Sariang, \u00e0 proximit\u00e9 du Salawin National Park.<\/p>\n<p>Sur ce texte (comme sur beaucoup d&#8217;autres) j&#8217;ai eu une m\u00e9thode de travail que je ne conseille \u00e0 personne : j&#8217;ai \u00e9crit tout ce qui venait quand \u00e7a venait (quand j&#8217;\u00e9cris comme \u00e7a, je veux que, d\u00e8s le d\u00e9part, ce soit le plus proche possible du texte d\u00e9finitif ; \u00e7a m&#8217;oblige \u00e0 me poser et \u00e7a m&#8217;\u00e9vite de taper des pages et des pages de texte inutile). J&#8217;\u00e9cris donc des petites pi\u00e8ces de puzzle, la fin vient avant le d\u00e9but, telle sc\u00e8ne vient avant telle autre. J&#8217;ai gard\u00e9 cet aspect d\u00e9cousu pour la version finale du texte. Il correspond bien \u00e0 la fa\u00e7on dont j&#8217;imagine l&#8217;\u00e9criture : poser des questions, tourner autour d&#8217;une question \u00e0 laquelle on ne peut pas r\u00e9pondre. Pour <em>Dragon <\/em>les questions sont multiples (et inconfortables). Il y a probl\u00e9matique du d\u00e9sir sexuel pour les enfants, celle de la puissance des pulsions, la magie des lieux (mythe ou r\u00e9alit\u00e9 ?), la corruption, la justice. Il y a aussi une question plus personnelle, pourquoi je me sens davantage chez moi en Tha\u00eflande qu&#8217;en France ? Etc.<\/p>\n<p>Je pose des questions, je laisse au lecteur le soin d&#8217;y r\u00e9pondre (je n&#8217;ai aucune r\u00e9ponse, aucune certitude ; vous connaissez le dicton : \u00ab votre probl\u00e8me est insoluble, il va vous falloir vivre avec \u00bb. C&#8217;est \u00e7a le m\u00e9tier d&#8217;\u00e9crivain.).<\/p>\n<p>Quand j&#8217;ai eu toutes les pi\u00e8ces du puzzle <em>Dragon<\/em>, tous les chapitres, il m&#8217;a fallu monter le court roman comme on monte un film. J&#8217;ai travaill\u00e9 sur un cahier achet\u00e9 \u00e0 Mae Sariang, faisant des sch\u00e9mas num\u00e9rot\u00e9s en m&#8217;imaginant que \u00e7a devait plus ou moins ressembler au sc\u00e9nar de <em>Primer <\/em>de <strong>Shane Carruth<\/strong>&#8230; en nettement plus simple.<\/p>\n<p>Je suis s\u00fbr que je n&#8217;aurais jamais pu finir <em>Dragon <\/em>sans le voyage en Tha\u00eflande. J&#8217;ai \u00e9crit un autre texte depuis <em>Dragon<\/em>, \u00ab El Fantasma \u00bb (qui est un peu plus long, je crois). Il se d\u00e9roule au Tchad, au Cameroun et au Mali.<strong> Olivier Girard<\/strong>, mon \u00e9diteur, m&#8217;a fait remarquer qu&#8217;\u00e0 ses yeux le texte n&#8217;avait pas la m\u00eame puissance, qu&#8217;on n&#8217;\u00e9tait pas \u00ab sur place \u00bb comme dans <em>Dragon<\/em>, pas au m\u00eame point. Normal : de l&#8217;Afrique de l&#8217;ouest, je ne connais que le S\u00e9n\u00e9gal (et encore c&#8217;est tr\u00e8s pr\u00e9tentieux de dire \u00e7a, j&#8217;y ai pass\u00e9 dix jours, moins qu&#8217;au Kenya, moins qu&#8217;en Tunisie, beaucoup moins qu&#8217;en Tha\u00eflande).<\/p>\n<p>Pour moi, l&#8217;id\u00e9al, c&#8217;est de \u00ab vivre \u00bb les pays o\u00f9 se d\u00e9roulent mes textes.<\/p>\n<p>Je n&#8217;\u00e9cris plus trop ces derniers temps ; j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 rattrap\u00e9 par ma paternit\u00e9, ma vie a chang\u00e9. J&#8217;\u00e9cris surtout des sc\u00e9narios de BD qui, par leur nature propre, s\u00e9quentielle, sont plus faciles \u00e0 concilier avec mon emploi du temps extr\u00eamement charg\u00e9. J&#8217;ai adapt\u00e9 <em>Dragon <\/em>en roman graphique de 80 pages, je sais qu&#8217;il circule, qu&#8217;il a circul\u00e9 chez quelques grands noms de la BD. C&#8217;est une id\u00e9e plaisante, \u00e7a donne d&#8217;autres vies au texte (mon nom circule dans ce milieu de la BD). Je l&#8217;ai aussi confi\u00e9 \u00e0 un agent pour le cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Tous les textes qu&#8217;on publie devrait compter ; <em>Dragon <\/em>compte \u00e0 mes yeux ; quelle que soit la r\u00e9ception qui lui sera r\u00e9serv\u00e9e, je pourrais toujours me raccrocher \u00e0 \u00e7a.<\/p>\n<p><strong>Thomas Day, le 16\/1\/2016 <\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.belial.fr\/thomas-day\/dragon\">Dragon <\/a>sur le site de son \u00e9diteur, Le B\u00e9lial.<\/p>\n<p>Dans <a href=\"http:\/\/laurentqueyssi.fr\/site\/category\/genese\/\">Gen\u00e8se<\/a>, un \u00e9crivain revient sur la cr\u00e9ation de son dernier livre. Auteurs, \u00e9diteurs, pour participer, vous pouvez me contacter: laurent@laurentqueyssi.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2016 est l&#8217;occasion pour les \u00e9ditions du B\u00e9lial de f\u00eater leur 20\u00e8me anniversaire et ils commencent l&#8217;ann\u00e9e en lan\u00e7ant une nouvelle collection de novellas: une heure-lumi\u00e8re. Quatre titres sortent conjointement, dont le nouveau texte d&#8217;un des auteurs f\u00e9tiches du B\u00e9lial, Thomas Day, qui signe, avec Dragon, un thriller captivant et \u00e2pre. 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