• The Other Side of Philip K. Dick

    by  • 15 August 2016 • Non classé • 0 Comments

    La biographie en bande dessinée de Philip K. Dick que je suis en train d’écrire commence par la visite de l’auteur dans les studios où Ridley Scott mettait la dernière main aux effets spéciaux de Blade Runner. Plusieurs lettres m’indiquaient qu’il s’y était rendu en compagnie de son amie Mary Wilson et le livre de Paul Sammon sur le film me fournissait moult autres détails. Je savais qui l’avait accueilli et lui avait fait visiter les lieux et je trouvais même une photo du type en question.
    Mais sur Mary Wilson, nada. Dick expliquait dans des lettres ou des interviews qu’elle était actrice, mais Imdb ne m’aidait guère. Elle n’apparaissait dans aucun des documentaires consacrés à l’auteur et je ne trouvais aucune photo.
    Ce que j’ignorais, c’est que depuis cette époque, et pour ne pas être confondue avec une homonyme (membre des Supremes), Mary Wilson avait changé de nom pour devenir Maer Wilson. Je l’ai appris lorsque Maer a annoncé la sortie de son livre The Other side of Philip K. Dick.

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    Et tout à coup, j’ai eu accès à d’autres photos de la fameuse visite avec Ridley Scott.
    Mais surtout, un nouveau point de vue sur Dick, de la part d’une femme qui l’a connu pendant une dizaine d’année.

    Le livre de Maer Wilson déplaira sans doute à ceux qui n’ont qu’une vague connaissance de l’oeuvre et de la vie de l’auteur. Ceux qui ne jurent que par la “biographie fictionnelle” d’Emmanuel Carrère seront même probablement dégoûtés par cette approche plus terre à terre. Non, Phil Dick n’était pas ce mystique hallluciné que l’on essaie de vous vendre. Et oui, le personnage était encore bien plus complexe que vous pouviez l’imaginer.
    Maer Wilson décrit son amitié “normale” avec un homme hors du commun, certes, mais loin de l’image véhiculée par le culte autour de l’auteur (et dont la dernière biographie en date, par exemple, est un des pires exemples). Elle ne se lance pas dans de grandes analyse, mais conserve tout au long du livre le point de vue d’une proche de Dick, sans jamais tomber dans la flagornerie ou la hype. C’est un récit linéaire sans grandes envolées ni effets recherchés, dont le principal intérêt réside dans le point de vue, encore peu vu jusqu’ici (sans doute parce que moins vendeur) sur l’homme qu’était Dick. Wilson décrit le quotidien d’un homme troublé, anxieux et parfois difficile, mais aussi drôle, joueur et sachant apprécier la vie. Un homme pas banal, mais bien plus proche de la norme que d’autres nous le rapportent.
    Maer Wilson a connu Dick dans une des périodes les plus paisibles de sa vie et a toujours fait en sorte entretenir une relation saine, avec lui, et le portrait qu’elle nous offre est donc à mille lieux du cliché qui colle au basque de l’auteur. Une des théories qui me semble marcher sur Dick est qu’il s’adaptait magnifiquement à son interlocuteur, tel un caméléon mental, et qu’il ressemblait ainsi à ce que celui qu’il cotoyait voyait en lui.
    Maer Wilson, jeune femme moderne et bien dans sa peau, a sans doute représenté (avec le groupe d’amis qu’elle décrit), un élément stabilisateur et bénéfique sur la psychée de Dick. Ce qu’elle décrit sur l’homme apaisé et généreux (bien que d’une infinie complexité) qu’elle a connu est en cela réjouissant.
    Certaines piques adressés à des membres de la famille proche de l’auteur sont aussi assez révélatrices de ce qui s’est joué parfois dans sa vie – et après sa mort.
    Un point de vue bienvenue, donc, pour le travail que j’effectue en ce moment, mais aussi pour le lecteur passionné de Dick que je suis.

    Reste à savoir désormais, si je vais oser demander à Mauro (Marchesi, le dessinateur de la biographie) de redessiner le visage de la jeune femme dans la première scène…

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