• Deep Work

    by  • 13 September 2017 • Non classé • 0 Comments

    Suite à mon post précédent sur mes routines de travail, plusieurs potes de la mailing-list secrète des traducteurs de comics m’ont eux aussi raconté leur façon de faire. Et comme d’habitude, c’était très intéressant et éclairant. Au-delà des particularités, j’en retiens surtout que chacun a besoin d’un quotidien bien réglé afin de pouvoir avancer. En résumé, personne ne m’a dit “moi, je travaille n’importe quand et n’importe où”. Non, la concentration nécessaire à un tel boulot nécessite, il me semble, de ne pas avoir trop à se soucier de l’environnement et pousse sans doute à se fixer une routine propice au Deep Work, pour reprendre le titre du bouquin de Cal Newport.
    Ce qui signifie, dans mon cas, de planifier des sessions de travail relativement longues sans interruption (si possible). Je n’utilise pas la technique Pomodoro, car je trouve que 25 minutes, c’est vraiment trop peu et que le bouzin sonne au moment où je suis vraiment bien lancé et je règle parfois un minuteur réglé sur 70 minutes. Entre une heure et une heure dix, c’est vraiment la bonne durée, pour moi. J’arrive alors au moment où je sens que je commence un peu à faiblir et je fais donc une pause de cinq à dix minutes pour aller me resservir un café ou checker les news sur le lecteur RSS. J’essaie d’éviter les réseaux sociaux (surtout le matin), mais il est parfois dur de résister (surtout l’après-midi quand le cerveau est moins frais). En revanche, quand j’écris (c’est à dire quand je ne traduis pas) et que j’entre vraiment dans la zone, je peux enchaîner deux heures ou même plus sans m’arrêter un seul instant. C’est là que l’écriture prend tout son sens à mes yeux, que tout coule avec une aisance réjouissante que seule vient doucher la nécessité de relire et d’améliorer l’ensemble plus tard. Ce sont des moments de pur flow tels que le définit Mihály Csíkszentmihályi, ce genre de sessions qui te vident d’énergie, mais te remplissent d’une intense satisfaction (il doit y avoir des endorphines, là-dessous).

    L’ennemi principal, me concernant, est principalement la distraction, donc. Et il me semble parfois que j’ai de plus en plus de mal à me concentrer. Je ne sais pas si c’est un fait ou une simple impression, mais j’essaie tout de même d’y remédier en évitant tout ce qui pourrait me déranger. Evidemment, il reste toujours des éléments imprévus : on n’est jamais à l’abri d’un casse-couille qui sonne ou d’un démarcheur téléphonique (même si c’est beaucoup moins fréquent depuis que je me suis inscrit sur la liste pour ne plus être appelé).


    L’agenda sur lequel je note mes rendez-vous et échéances, mais aussi ce que j’ai fait dans la journée (nombre de pages ou de signes etc). A gauche, un des carnets dans lequel je note des idées.

    Et surtout, avec le temps, je crois que j’ai appris à décrocher. Newport l’explique très bien dans son bouquin. Lui qui ne bosse jamais après plus de 17h30 réussi tout de même à publier plein d’articles et de bouquins en plus de son boulot de prof. Mais sa technique de deep work (par opposition au shallow work) que l’on pourrait résumer par “quand je travaille, je ne fais que ça et ne laisse rien me déranger, pas même un email, mais en revanche, quand j’arrête, j’arrête vraiment” me convient de plus en plus. Je n’ai jamais été très adepte du travail le soir. Après le dîner, en général, je suis vidé. Même étudiant, quand je voyais certains de mes amis bosser jusqu’à pas d’heure, je me demandais comment il faisait. Il s’agit donc de remplir le plus, et le mieux, possible le reste de la journée, dans mon cas. Et ainsi de travailler sur la concentration, qu’elle soit la plus intense possible afin de bien avancer.
    Bien sûr, même quand j’ai décidé d’arrêter ou que je ne suis plus devant une feuille ou l’ordi, le cerveau continue parfois de bosser, le bougre. Mais est-ce que développer une idée ou tenter de débloquer un synopsis pendant que je me douche ou que je suis au lit est vraiment du travail ?

    Encore une fois, chacun sa technique pour se concentrer. Lionel Davoust en donne plein sur son excellent blog et il me rejoint sur la durée trop courte de la méthode pomodoro lorsqu’on veut entrer dans la zone. Et puis peut-être que le principal, là-dedans, c’est la qualité de la pause.
    Avec le temps, j’ai aussi appris à prendre du temps pour moi, pour me détendre, pour lire ou me balader, bref, pour me décoller de l’ordi. Je bosse toujours autant, voire davantage qu’il y a quelques années, mais j’essaie de travailler mieux. De faire du bon travail, certes, ça, oui, toujours, mais surtout de me sentir bien dans mon travail et de ne pas le transformer en épreuve, en douleur. Savoir s’arrêter quand il le faut y participe aussi.
    Et je mets donc un point final à cet article de blog, tout en restant dispo pour d’éventuelles questions (en privé ou en commentaires).

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