• Les mots.

    by  • 25 November 2017 • Non classé • 0 Comments

    Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu écris ? Pourquoi te mets-tu dans cette situation un peu précaire, sans véritable boulot fixe et avec cette angoisse perpétuelle de savoir si tu gagneras de quoi vivre dans six mois ? Dans cette position dépendante du bon vouloir d’éditeurs, d’un lectorat, d’autrui, sans autre solution que de baisser la tête et de faire le meilleur travail possible ? Pourquoi s’infliger ça ?

    Parce que ça me rend heureux, peut-être.
    Oh, pas tout le temps. C’est décourageant, parfois. Souvent même. Les heures sont parfois longues et le “retour sur investissement” tant en terme financier que personnel n’est pas toujours à la hauteur. Mais malgré tout, c’est ce qui me convient. Ecrire mes histoires dans mon coin, traiter des sujets qui me passionnent ou me fascinent puis finir par les lâcher dans la nature en sachant bien qu’elles n’intéresseront pas tout le monde, mais que ceux qui les liront, et qui sont sur la bonne longueur d’onde, les apprécieront sans doute. Les fidèles. Ceux qui suivent tout ce que je fais. Mes amis inconnus.
    Voilà une des réponses. Parce que c’est ce que j’aime le plus faire dans la vie.

    Mais elle ne suffit pas. Enfin, pas tous les jours. Il y a ces moments où l’on est débordé, ces passages à vide, ces paniques passagères, ces week-ends à bosser, ces instants où ce qu’on aime le plus faire dans la vie est devenu un travail pénible, très, trop difficile. Pour des tas de raisons. Et c’est sans doute dans ces moments-là qu’il faut se tourner vers les messages reçus, les brefs encouragements, les remerciements, tous ces petits morceaux volés au syndrome de l’imposteur: cet éditeur, et ami, qui m’affirme haut et fort que j’écris bien; cette auteure virevoltante et douée qui prend trente secondes pour me dire qu’elle a beaucoup apprécié les quelques nouvelles de moi qu’elle a lues; tous ces messages d’anonymes par internet qui expliquent en quoi tel ou tel texte a résonné en eux; et même ce type super fort du groupe que j’aime beaucoup qui m’explique qu’il aime bien la façon naturelle dont je joue de la guitare (même si ça n’a pas de rapport avec le boulot, ça fait toujours plaisir). Tous ces mots, ces phrases anodines qui ne coûtent rien, mais valent cher face au doute et au manque de confiance en soi.
    Tous ces mots qui deviennent une armure face au mépris ou au manque de reconnaissance. Qui poussent en avant. Qui ont bien plus de valeur que peuvent l’imaginer ceux qui nous les offrent.

    Bien conscient du pouvoir de ces mots, je n’hésite jamais à prendre trois minutes pour dire à quelqu’un dont j’aime le travail, l’attitude ou les idées, le bien que j’en pense. Il s’en fout peut-être, mais sans doute que non. Ça ne me coûte rien et ça peut signifier beaucoup.

    Si jamais vous vous posez un jour la question de savoir si cela vaut la peine, pas d’hésitation. Oui, ça vaut la peine. Et ça peut même être très important. Vos mots, votre passion, vos réactions sont importantes. Le monde de la création, de l’art, n’est pas toujours très tendre, ni très facile. Vous pouvez être l’armure ou le combustible d’une fusée.

    N’hésitez jamais.

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