• Choses vues 8 : des joujoux plus chers que le pékin moyen.

    by  • 26 February 2018 • Choses vues • 0 Comments

    19 février.

    Vu Hype! un film sur le phénomène grunge à Seattle, sorti en 1996. Passionnant de voir l’émergence d’un mouvement qui n’en est pas vraiment un et comment il est repris par le marketing et le grand capital qui fond sur la ville tel un rapace pour ramasser les miettes. Le côté apolitique de ce rock pur et dur (dans le sens où il n’est qu’une pure expression de la jeunesse qui a envie de s’amuser, c’est que le rock’n roll à la base) sauve tout de même ses acteurs de la déprime, car ils prennent tout ça à la rigolade, se foutant ouvertement de la “mode grunge” et de “l’argot grunge”.
    Il reste encore un livre à écrire sur les liens entre les chemises à carreaux et le rock. Proposez-moi une avance.

    21 février.

    En promenant Miles (qui a bouffé un oiseau, tiens, au passage), j’écoute le dernier podcast de l’équipe de Capturemag. Même si je ne suis pas un fan absolu de Del Toro, toujours intéressant d’écouter ces critiques attachés à un certain type de cinéma. Leur fascination à l’égard du Mexicain ne m’étonne pas, mais j’avoue être resté froid devant pas mal des long-métrages du réalisateur. Je lui accorde un certain don pour l’image et la régurgitation d’un siècle de pop culture, mais il ne m’emporte jamais dans ses récits. Del Toro reste, à mes yeux, un de ces fanboys qui ont réussi, un geek plus doué que la moyenne et qui a obtenu le droit de s’amuser avec des joujoux plus chers que le péquin moyen.
    Il y a tout de même un passage du podcast qui a particulièrement attiré mon attention. Les journalistes y parlent de la Bleak house, la maison où Del Toro abrite sa collection d’objets étranges, d’images et de livres, une sorte d’Ackermansion qui regroupe ses obsessions à lui.

    La pièce avec Lovecraft et Poe est impressionnante.

    Ca m’a rappelé ces man cave, ces endroits que les mâles occidentaux se créent pour s’isoler.

    Bon, la plupart puent la testostérone, mais le concept revient un peu à ce que faisait Montaigne dans sa tour et ce que j’ai tenté dans mon bureau (qui est minuscule et qui est surtout mon lieu de travail). Et c’est exactement ce que je recherche, en mode livresque, quand je vais faire des visites pour Fahrenheit.
    Evidemment, chez moi, si j’avais davantage de place (et beaucoup plus d’argent), il y aurait un juke-box et une borne d’arcade ou un flipper en plus des murs couverts de bouquins. Mais l’endroit est déjà pas mal : partout où je tourne le regard, il se perd sur des tranches de livres.

    Reste que nous sommes tous des petits joueurs par rapport à Del Toro, le geek ultime.

    24 février.

    Avec tout ça, et par ricochet, me voilà parti à relire l’intégrale Hellboy depuis le début. Je crois que je n’ai jamais lu l’intégralité de la série jusqu’ici. Et déjà un constant, dans le Hellboy de Del Toro, il manque ces images emblématiques de la bd où le héros pénètre, sa silhouette voûtée en ombre, dans un lieu étrange – fantastique – en une case en une planche. Et tout le côté simiesque du déplacement du personnage est aussi gommé dans le film. Il reste une adaptation fidèle de l’esprit du livre, mais pas forcément de ces images les plus marquantes (en tout cas celles qui m’ont le plus marqué).

    Les copains de Carbone sont passés à Mauvais Genre.

    Et je passe sur RFI mardi 27, demain donc, à 15h, pour parler de fil.

    Les liens:

    – Certains biohackers craquent complètement et jouent avec leur vie. Bienvenue chez les savants fous.

    – Le nouvel album des Breeders sort vendredi prochain et s’annonce superbe.

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