• Choses Vues 10 : Bloqués dans un ascenseur.

    by  • 19 March 2018 • Choses vues • 0 Comments

    8 mars.

    Déjeuner avec des amis qui préféreront sans doute garder l’anonymat, puis goûter avec Guillame Gwardeath pour récupérer le premier disque de son nouveau projet, Metro Beach. Pas le temps de dire ouf, j’enchaîne avec la rencontre chez Mollat à l’occasion de la sortie du numéro de la revue Carbone. J’essaie de communiquer mon enthousiasme à participer à cette aventure, mais j’échoue lamentablement et je laisse dire les choses intelligentes à Raphaël Penasa et Nate Renaud.


    Photo: Guillaume Gwardeath

    Repas avec la bande carbonée et quelques libraires de Mollat. Je découvre qu’un libraire du rayon philosophie est fan de Grant Morrison et connaît Aurélien Lemant. Le monde est petit. Et il est beau parfois, lorsqu’entre la poire et le dessert, tu discutes des Invisibles et de Multiversity.

    9 mars.

    Retour à la fac. Deux heures à parler à des étudiants en master de traduction. Je découvre les cours qu’ils reçoivent et je comprends qu’ils doivent en apprendre plus en un an que j’en ai appris en cinq à pratiquer le métier. Je ne sais pas ce qu’ils retiendront de mon passage, des explications sur ma pratique, mais j’ai essayé de bien expliquer mon fonctionnement. Une chose m’étonne tout de même: avant de partir, je leur demande quels auteurs ou quels genre ils aimeraient traduire lorsqu’ils commenceront à bosser. Yeux écarquillés et gonflements de joues. Ils ne savent pas (je dis “ils”, mais je devrais dire “elles”, il n’y a qu’un seul garçon sur huit ou neuf élèves.) L’une me répond: “En tout cas, on sait ce qu’on ne veut PAS traduire.” Je ne dis rien, mais je suis un peu gêné. Ils ont peut-être été pris au dépourvu par ma question, mais personne ne m’a cité un nom, d’auteur ou même un genre littéraire qui les ferait kiffer. Si on me posait la même question, je crois que je pourrai citer sans réfléchir cinq auteurs et deux genres que je n’ai pas encore traduits. Eux, non. Comme si ce n’était pas la passion qui les avait poussés dans cette voix, l’envie de défendre des auteurs qu’ils adorent ou de faire lire à d’autres des textes qu’ils trouvent merveilleux.
    J’espère sincèrement me tromper.

    A peine le temps de rentrer chez moi et je dois déjà repartir, invité que je suis à la médiathèque de Villenave d’Ornon pour discuter avec André-François Ruaud et Patrick Marcel de fantasy (au final, les faire parler de fantasy, parce que moi…). Moi qui ne sors pas souvent du haut-château, je dois me forcer un peu pour passer en mode sociable, mais la compagnie est bonne, le public nombreux et intéressé et le “débat” riche et intéressant (d’après les retours que j’en ai eu).

    Photos de Claire Lafargue.

    Je m’échappe vite pour filer au Rocher de Palmer à un concert de Christian Scott que j’attendais de voir depuis des années (loupé à Paris et à Marciac). Surpris par le monde à l’extérieur. En fait, il y a un concert d’Arthur H au même horaire dans la grande salle du Rocher et je découvre alors que ce chanteur attire les foules (ce monde m’est tellement étranger que je m’imaginais un chanteur de niche qui vend deux cents albums à chaque sortie). Bref, je fais la queue et j’arrive pile pour le début du concert. Et déçu je ne suis pas. Bien au contraire. Le concert est peut-être un peu court, mais assez dense et riche pour ne pas décevoir. Enormément de nouveaux morceaux et rien d’aussi dark que sur les trois derniers albums (trois disques en un an, voilà des musiciens qui bossent). Je ne m’attarde pas et rentre crevé d’une telle journée, mais heureux. Nous ne sommes que vendredi et le week-end s’annonce rude.

    10 mars.

    Je suis invité au festival La bd est dans le pré, à côté de mon bled natal. Bonne ambiance, public nombreux et surtout, je rencontre enfin Mauro Marchesi, le dessinateur de Phil, que je connais par mail interposé depuis des années, mais à qui je n’ai jamais fait la bise et avec qui je n’ai jamais conversé. Et déçu je ne suis pas (bis). Mauro est sympathique, souriant, drôle et agréable. Sa copine Isabella n’est pas en reste et je passe un excellent week-end à rencontrer des lecteurs en leur compagnie.
    Un soir, au repas, je raconte à Mauro ma rencontre avec Black Francis et les Pixies en lui expliquant que ce type que j’adore ne m’a pas déçu et que sa sympathie à mon égard a même dépassé mes espérances. Je ne lui ai pas dit alors, mais je ressors exactement la même chose de ma rencontre avec Mauro. Un type formidable.
    Evidemment, nous nous entendons tellement bien à tous les niveaux (y compris dans le travail) que nous bossons actuellement sur un nouveau projet enthousiasmant.



    12 mars.

    Courte visite de Bordeaux avec Mauro et Isabelle (sous la pluie, comme il se doit à Bordeaux) avant de les ramener à l’aréoport.
    Retour (difficile) au travail.

    17 mars.

    Trois quarts d’heure bloqué dans un ascenseur avec huit autres personnes (dont ma brune et nos deux enfants, dignes et stoïques dans l’adversité : “J’avais un peu peur, mais j’ai rien dit” avouera la petite blonde). Nous n’avons pas pensé à faire des selfies.

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